Les 60 ans d’ATD Quart Monde, le centenaire de la naissance de son fondateur Joseph Wresinski, les 30 ans de la Journée mondiale du refus de la misère : cette année 2017 marque l’histoire, dans le monde comme en Centrafrique. M. Kizer Maidou, animateur de bibliothèque de rue d’ATD en Centrafrique, raconte le déroulement de la journée du lancement de la mobilisation #StopPauvreté à Bangui, le 11 février 2017 :

Un centenaire, un Mouvement, un héritage pour les citoyens du monde

« L’Université de Bangui a accueilli des membres d’ATD Quart Monde, du corps professoral, des étudiants à une table ronde et un débat public. Certains participants faisaient connaissance du Mouvement, de ses actions et de la vie des plus pauvres en Centrafrique.

Sous le thème «Joseph Wresinski une pensée qui marche », des intervenants ont contribué selon leur angle de vue : le Dr Maurice Guimendego, historien ; le P. Médard SANE sj, théologien ; Me Timoléon Kokongo, juriste ; et M. Eugen Brand, volontaire-permanent et ancien Délégué Général. Dans le débat, des étudiants, enseignants ou militants Quart Monde dont Mme Gisèle Lamassi et M. Parfait Nguinindji ont aussi pris la parole. Enfin, chacun a pu apposer sa signature à son message d’engagement. Une photo de groupe a conclu cet événement.

La journaliste Mme Nicole Dayo et son assistant M. Pascal Chirhalwhirwa, modérateurs, ont expliqué que 100 ans après la naissance du Père Joseph, nous avons une pensée et un Mouvement. Si cela continue d’exister, cela veut dire que « ça marche ». Le pauvre et le riche se mettent ensemble « sur la même natte », c’est-à-dire dialoguent ensemble, et partagent leurs idées pour refuser la misère.

« Nous avons tous un pouvoir pacifique » : le P. Médard SANE sj a appelé à déranger les hommes en cravate (les « kotazo » en langue sango, ou « puissants ») d’une manière pacifique afin qu’ils adhérent au Mouvement. Pour cela il faut rassembler toutes les catégories sociales sur cette « natte », pour que chacun à son niveau en fasse son propre combat, un défi social, un exercice passionnant.

Le président fondateur de la RCA, M. Barthelemy Boganda affirmait : « ZO KWE ZO » (« tout homme est un homme » en langue sango) tout comme le Père Joseph Wresinski disait : « là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les Droits de l’Homme sont bafoués, s’unir pour les faire respecter est un devoir sacré ». Le Dr Maurice Guimendego a souligné que ces deux fondateurs ne sont plus de ce monde, mais que nous vivons leur pensée en héritage.

Me Timoléon Kokongo a insisté sur l’engagement qui est une « promesse à tenir » (ou « jendo » en langue sango) pour lutter contre la misère. Des participants ont signifié par écrit leur engagement à l’issue de la rencontre.

Ce 11 février à Bangui, les mains ont été mises à la charrue. Travaillons donc assidûment en équipe dans cette pensée que nous a laissée le père Joseph. Le champ peut nous réserver des difficultés, mais ensemble comme une famille nous cultiverons le changement souhaité.

Nos remerciements au Recteur de l’Université, au Doyen des Sciences Humaines et au chef de Dpt philosophie, Dr Boris Yakougou ; à l’équipe d’organisation, aux volontaires de Centrafrique et de l’équipe régionale Afrique, aux partenaires, et autres mouvements. Tous, restons fort attentifs aux cris de ce monde pour y apporter la réponse : l’unité, vertu de tous. »