Rêves et espoirs de la jeunesse

Extraits d’articles de Julie Clair-Robelet publiés dans le n° 528 du Journal d’ATD Quart Monde.

Du 7 au 11 juillet, la rencontre européenne des jeunes a rassemblé à Méry-sur-Oise une centaine de jeunes venus de neuf pays. Ce rassemblement, organisé dans le cadre de l’Année européenne de la jeunesse, leur a aussi permis d’échanger avec des représentants de la Direction de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative et avec une représentante du Forum européen de la jeunesse, Paulína Jalakšová. L’objectif était de construire un plaidoyer pour la jeunesse, porté par ATD Quart Monde au niveau européen.


Se rassembler pour renforcer des liens et construire un plaidoyer

Les participants de cette rencontre sont venus de Belgique, d’Espagne, d’Irlande, du Luxembourg, des Pays-Bas, de Pologne, de Roumanie, de Suisse et de France pour « réfléchir ensemble à ce que cela signifie aujourd’hui d’être un jeune européen vivant la grande pauvreté », explique Lou Borderie, responsable de la Dynamique jeunesse européenne d’ATD Quart Monde. Ces cinq jours leur ont permis d’aller « au-delà des frontières nationales, mais aussi de celles de l’esprit, des préjugés qu’on peut avoir quand on ne comprend pas la personne qui est à côté de nous. On a créé un cercle de solidarité, de liens », affirment plusieurs jeunes lors de la dernière assemblée plénière.

Ce rassemblement, organisé dans le cadre de l’Année européenne de la jeunesse, leur a aussi permis d’échanger avec des représentants de la Direction de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative et avec une représentante du Forum européen de la jeunesse, Paulína Jalakšová. Grace à cette rencontre, les participants ont pu renforcer leur lien et leurs engagements. Ils ont aussi pu construire ensemble un plaidoyer européen pour la jeunesse.

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Expériences, rêves et espoirs

Shaun, 29 ans, Suisse

« J’avais déjà participé à la rencontre européenne de 2017, aux Pays-Bas, où j’animais un atelier, comme ici à Méry-sur-Oise. Je trouve important de créer des choses, modeler la matière, maîtriser un peu ce qui nous entoure.

On est aujourd’hui dans une société où on manque de temps pour créer.

Ici, on a essayé de faire des boucles d’oreilles en bois. L’idée, c’est de faire ensemble, sans s’imposer, de s’adapter au rythme de chacun.

  • Je pense que la société du futur doit être plus locale, avec un échange d’informations locales : savoir ce que je peux apporter à l’autre et ce qu’il peut m’apporter, avoir une sorte d’autonomie dans son environnement, vivre en fonction de l’endroit, savoir aussi mieux ressentir son corps, s’écouter.

Quand on a trop la tête dans le guidon, on oublie l’essentiel : nous avons en face de nous des humains. »

Jérémie, 29 ans, Paris

« Pour avoir une société meilleure, je pense qu’il faut investir beaucoup sur l’éducation et la formation. C’est la base de tout, pour les enfants, mais aussi pour les adultes, qui ont besoin d’apprendre tout le temps. Il faut développer les centres de formation. Il faut aussi développer la lecture pour les générations futures et mettre des limites aux réseaux sociaux, au monde numérique. Il faut aussi enseigner aux jeunes le respect des aînés, leur rappeler qu’avant eux, il y a eu une autre génération. »

Anne-Louise, 22 ans, Belgique

« Il faut trouver des solutions contre le harcèlement, les injustices à l’école, mettre tous les enfants au même niveau. Il faut arrêter de juger sans connaître la personne, de mettre des étiquettes, de faire des différences entre les gens.

Toute ma jeunesse, j’ai souffert des préjugés. C’est un manque de respect. Mais c’est difficile de faire changer le regard de la société. Il faut que tout le monde s’engage à essayer d’avoir moins de défauts, à ne pas montrer le mauvais exemple. On est dans un monde qui n’est pas normal.

Il y en qui ont peur que leur enfant grandisse dans un monde pauvre, qu’il n’ait rien. Ils ont envie qu’il ait un diplôme, un métier, qu’il puisse acheter une maison. Tout parent veut que son enfant soit comme ça et pas qu’il soit au chômage. Il y a assez de métiers à exercer pour tout le monde. Il faut aussi que l’école s’engage à être plus attentive aux élèves, qu’elle laisse une chance à tout le monde. »

Hanna, 19 ans, Allemagne

« J’aimerais que les adultes arrêtent de dire ce qui est bon ou non pour les jeunes, mais les écoutent vraiment.

Je rêve qu’on soit tous traités de la même façon, quel que soit notre âge, notre origine… J’aimerais que chacun ait la possibilité de s’exprimer. Dans le futur, j’aimerais pouvoir faire ce qu’il me plaît, pouvoir librement choisir ce que je veux, sans me préoccuper de l’argent ou des questions administratives et sans avoir à subir ce monde très capitaliste. »

Malyka, 24 ans, Suisse

« Dans cette rencontre européenne, on voit qu’il y a beaucoup de similitudes entre les pays et entre les jeunes, mais on voit aussi qu’il reste, partout, beaucoup à faire. Je suis par exemple en apprentissage et je vois que la formation est trop souvent dictée par notre milieu social. C’est vraiment dommage, parce que beaucoup de jeunes n’ont pas les moyens de se payer des études et sont freinés.

  • J’invite chacun et surtout les personnalités politiques à agir, à arrêter de parler dans le vide et à mettre en œuvre ce qui est annoncé. Pour faire changer la société, si chacun apporte sa pierre à l’édifice, cela fera un chemin et on pourra construire quelque chose tous ensemble. J’aime bien ce proverbe : Tout seul on va plus vite, ensemble, on va plus loin. »

Noémie, 27 ans, Allemagne

« Il y a un combat social et environnemental à mener. Les deux vont nécessairement de pairs, on ne peut les dissocier. Si on néglige l’environnement, à court terme, la population la plus pauvre sera celle qui en pâtira le plus.

À mon échelle individuelle, j’essaye d’agir. J’aimerais plus m’engager dans des associations, mais j’habite actuellement en Allemagne et je suis française, donc ce n’est pas forcément simple.

Je trouve ça bien qu’on soit tous ensemble ici, avec des classes sociales différentes, mais une vraie écoute entre nous. On entend souvent que les personnes vivant dans la pauvreté sont focalisées sur leur combat pour sortir de la pauvreté. En réalité, elles sont aussi sensibilisées aux questions environnementales, aux droits des femmes… Ce ne sont pas des combats qui s’opposent, mais qui touchent bien toute la société et il est important que toute la population soit inclue dans ces débats.« 


Photos : © Carmen Martos et Julie Clair-Robelet

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