Réclamation collective pour violation de la Charte sociale européenne à Madrid

À Cañada Real, proche de Madrid, des milliers de personnes vivent coupées du réseau d’électricité depuis plus d’un an. Face à la situation intolérable que vivent ces personnes et ces familles, ATD Quart Monde Espagne et le Mouvement International ATD Quart Monde se sont joints à une réclamation collective contre l’Espagne, pour violation de la Charte sociale européenne révisée (Conseil de l’Europe).

Les dépositaires de la réclamation demandent au Comité européen des droits sociaux qui siège à Strasbourg d’enjoindre l’Espagne de prendre des mesures immédiates pour rétablir l’électricité, parce que la population est exposée à des risques qui provoquent des conséquences irréparables.

En accord avec les habitants et la Plataforma Civica por la luz en Cañada Real, et avec quatre réseaux d’ONGs européennes, Défense des enfants international (DEI), la Fédération européennes des associations nationales travaillant avec les sans-abri (FEANTSA), Magistrats européens pour la démocratie et les libertés (MEDEL) et la Confédération syndicale des commissions de travailleurs (CCOO), ATD Quart Monde estime que les autorités espagnoles ont manqué à leur devoir de faire tout le nécessaire afin que l’électricité soit rétablie dans un délai raisonnable pour les personnes et les familles vivant dans les secteurs 5 et 6 de Cañada Real.

Sans accès à l’électricité, les risques pour la santé augmentent considérablement, pour les personnes de tous âges. Les services de santé signalent une augmentation des infections respiratoires, des affections de la peau, des intoxications au monoxyde de carbone et des brûlures à cause d’appareils de chauffage de fortune. Certaines personnes ont besoin d’électricité pour des raisons médicales, par exemple parce qu’elles ont un appareil à oxygène ou parce qu’elles doivent garder des médicaments au frais dans un réfrigérateur.

Les enfants ne réussissent plus à faire leurs devoirs scolaires, car ils sont dans le froid, sans lumière, sans Internet. Quand les cours étaient en ligne lors des périodes de confinement covid19, les enfants étaient entièrement coupés de l’école. Leur droit à l’éducation n’est pas respecté. Le nombre d’enfants touchés par la déconnexion au réseau d’électricité est estimé à 1800.

Toute la vie quotidienne est profondément impactée, par l’expérience du froid en hiver, celle de devoir se laver toujours à l’eau froide, de ne manger que des repas froids, de laver le linge à l’eau froide, de ne pas pouvoir conserver des aliments.

La pauvreté dans laquelle vivent déjà de nombreux habitants est aggravée par cette situation et ses conséquences. Et à cela s’ajoute la souffrance des habitants du quartier d’être stigmatisés et traités de profiteurs ou de criminels. Par sa durée excessive, la privation durable d’électricité peut en soi être considérée comme une discrimination de toute la population du quartier.

L’électricité n’est pas un luxe, c’est un droit © Javi Baeza

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