Introduction au centenaire de la naissance de Geneviève de Gaulle Anthonioz

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Photo : Bernard Anthonioz, Geneviève de Gaulle et Joseph Wresinski – Paris © ATD Quart Monde / Centre Joseph Wresinski / 0336-005-040_030

Article écrit par Mascha Join-Lambert, volontaire permanente d’ATD Quart Monde

« Oh! Près de l’Homme au Casque d’Or! »1

Voilà la réaction de Geneviève  de Gaulle-Anthonioz à mon annonce de vouloir m’investir en Allemagne, à Berlin, après la réunification de mon pays natal, en 1990.

Renvoi vers l’énigme de l’humain. Pas un mot de plus.

Elle-même n’était retournée en Allemagne que pour affronter les procès des responsables de Ravensbrück, en compagnie de sa camarade et amie Germaine Tillion. Jeune femme mariée de 26 ans, rien ne l’avait obligée à se retrouver dans un train roulant vers le Nord, sauf son appartenance à celles qui n’avaient survécu.

Elle publia un article « L’Allemagne jugée par Ravensbrück » – mais elle y avait découvert l’ignorance, l’indifférence –  en Allemagne, parmi les Alliés, en France même.

  • Son combat, dès lors, s’était élargi. Le bulletin « Voix et Visages » de l’ADIR Association Nationale des Anciennes Déportées et Internées de la Résistance,   s’intéressa à toutes les nationalités au Camp, et notamment aux Polonaises torturées par essais cliniques, et aborda des sujets d’actualité relatifs à la dignité humaine.

À 38 ans, jeune Secrétaire d’État à la Culture, elle s’en fût affronter  le règne de la misère, dans son propre pays. Nommée en l’été 1958, elle entre dans ce camp à Noisy-le-Grand, à pied, en octobre, y rencontrer l’Abbé Joseph Wresinski, qui déjà, y  avait lancé son « équipe d’action culturelle européenne ».

Elle quittera son poste, mais ne quittera plus jamais Ceux du Camp. Elle rejoindra leurs frères, sœurs et enfants, de toute la France, du monde entier.

Elle avait reconnu la lumière intemporelle de l’Espérance casquer l’énigme, la ‘lumière éclatée comme l’aurore »2  recouvrir les hommes.

Le courage puisé dans sa foi d’enfance, dans son couple uni par la recherche du  « vrai, du bon et du beau »  –  après sa libération, elle avait rencontré Bernard Anthonioz en Suisse où il avait publié des écrivains interdits en France   – ,  dans la fraternité fidèle dans la chair :  ce courage-là  la mena au combat pour la Justice tout court, celle qui se concentre dans le refus de la négation de l’Humain tout court.

  • Les pages qui suivent parleront d’elle.  Puisse-t-elle nous convaincre à ne pas lâcher le flambeau de la conscience qui guide notre courage.

Mascha Join-Lambert rencontre Geneviève de Gaulle-Anthonioz en 1972. Plus tard, Mascha et son mari,  couple franco-allemand, fondent, avec le Mouvement ATD Quart Monde, un Forum Européen au Brandebourg, à quelques kilomètres de l’ancien Camp de Concentration Ravensbrück.  Lors de l’entrée au Panthéon de Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion, Mascha présente une exposition « Femmes d’Avenir » consacrée aux deux femmes,  inaugurée à Ravensbrück.  Le dossier ci-dessus la complète.  Elle remercie le Mémorial de Ravensbrück ainsi que la Fondation A.Toepfer-FvS, Hambourg, d’avoir pu la réaliser.

  1. Grande peinture de Rembrandt, appelée aussi « Frère au casque“, qui a domicile dans les musées à Berlin
  2. Passage de l’Ancien Testament qui lui était précieux. Aussi, ayant failli perdre la vue à Ravensbrück, elle appela ses souvenirs : « La Traversée de la Nuit »

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