Comment la prévention du Covid-19 a affecté les enfants les plus vulnérables

La pandémie du covid-19 a causé des centaines de milliers de morts en quelques mois. En l’espace de quelques jours, elle a provoqué la fermeture d’économies et de sociétés entières. Bien que ces mesures drastiques aient été nécessaires pour limiter la propagation du virus, elles ont eu de graves effets sur les enfants vulnérables vivant en situation de pauvreté. Plus que jamais, il est urgent d’apporter des réponses politiques qui ne laissent aucun enfant de côté.

Un impact négatif sur la scolarisation

Selon l’UNESCO, la plupart des gouvernements ont maintenant fermé temporairement les établissements d’enseignement, laissant les trois quarts des enfants scolarisés dans le monde hors de l’école. Au Nord comme au Sud, des millions d’enfants sont confrontés à des obstacles technologiques, économiques et sociaux pour accéder à l’éducation. Dans les pays à revenu élevé, les enfants qui passent à l’enseignement en ligne rencontrent encore de nombreuses difficultés. Dans les pays à faibles et moyens revenus, de nombreux ministères de l’éducation diffusent des programmes d’enseignement. Or, les enfants des ménages pauvres qui n’ont pas de télévision ou de radio n’ont pas accès à ces émissions.

Pour de nombreux enfants, l’accès à internet est un luxe, tout comme l’utilisation d’appareils technologiques tels que les ordinateurs et les téléphones. En Belgique, par exemple, les écoles envoient par courriel des documents PDF de devoirs à certains enfants. Or, ceux-ci peuvent contenir des liens qui ne sont pas accessibles depuis un téléphone, souvent le seul appareil dont disposent les familles pour accéder aux courriels. Une mère et militante d’ATD Quart Monde au Mexique s’inquiète de l’enseignement à distance pour son fils de 14 ans qui requiert un enseignement spécialisé. Comme la famille n’a pas d’ordinateur à la maison, elle s’est appuyée sur la bibliothèque, qui est maintenant fermée. Pour ces familles déjà vulnérables, l’enseignement à distance est un obstacle supplémentaire à l’éducation.

Perturbation des placements alternatifs

La situation est devenue encore plus précaire pour les groupes vulnérables tels que les enfants placés dans des familles d’accueil et des institutions dans les pays du Nord.

Les mesures visant à prévenir la propagation du virus ont eu des effets nuisibles sur les enfants qui ne vivent pas dans des foyers traditionnels avec leur famille. Par exemple, depuis le début du confinement en Belgique, certains enfants placés en internat par les services sociaux ont été renvoyés chez leurs parents. Avant le confinement, les services de la jeunesse avaient affirmé que ces parents n’avaient pas les moyens d’éduquer leurs enfants dans des conditions acceptables. Aujourd’hui, ces mêmes parents doivent se débrouiller sans aucun soutien supplémentaire. Au Royaume-Uni, les parents biologiques dont les enfants ont été placés dans des institutions d’accueil se sont vus interdits de visites.

Les services sociaux ont modifié les modalités d’accueil dans le cas de certains enfants sans consulter leur famille ni leur donner les informations adéquates. Par exemple, dans une famille de cinq enfants placés, trois ont été renvoyés chez leurs parents, tandis que deux ont été gardés en institution. Il est difficile d’expliquer aux enfants que certains peuvent retourner dans leur famille, mais d’autres pas. Qu’adviendra-t-il de ces enfants une fois la pandémie terminée ? En outre, certaines familles dont la date de comparution devant le tribunal des affaires familiales est imminente n’ont reçu aucune information quant à l’obligation de comparaître en personne ou par le biais d’un autre arrangement.

Le confinement augmente l’exposition de certains enfants au virus

Dans le Sud, le covid-19 constitue une menace particulière pour les enfants vivant dans les rues. Au Burkina Faso, un nouveau couvre-feu oblige tout le monde à être rentré à 20 heures. Cependant, le confinement a laissé les enfants vivant dans les rues avec peu de moyens de survie. Depuis la fermeture des marchés, les activités informelles qui permettaient à ces enfants de se nourrir ont disparu. En outre, les mesures de confinement obligent les enfants qui n’ont pas de domicile d’être dans une proximité physique plus étroite qu’auparavant, ce qui les expose au virus. Il leur est impossible de respecter la distance sociale recommandée d’un mètre. Comme ils ne peuvent plus être dans la rue, certains se sont mis à dormir sur les toits. D’autres ont trouvé refuge dans une école près de la « Cour » d’ATD Quart Monde à Paspanga.

La nécessité de solutions intégrées et centrées sur l’enfant

Les enfants vulnérables et leurs familles ont besoin de politiques et de programmes supplémentaires pour les aider à s’adapter à la nouvelle normalité. Les personnes qui conçoivent les dispositifs d’assistance devraient écouter les personnes en situation de pauvreté afin de comprendre l’impact de la crise et les mesures dont ces familles ont besoin pour faire face à la situation et soutenir efficacement leurs enfants.

La protection sociale sensible aux enfants est un ensemble d’interventions destiné à garantir et à faire progresser les droits et le bien-être des enfants. Il est essentiel que la conception et la mise en œuvre de ces interventions soient sous-tendues par une perspective des Droits de l’Homme. Cette orientation se traduirait par des mesures qui protègent et soutiennent tous les enfants, et en particulier les plus démunis.

Des mesures permettant à tous les étudiants de participer efficacement à l’enseignement à distance sont nécessaires pour éviter que les enfants vulnérables soient laissés pour compte. Des ressources et des services supplémentaires sont essentiels pour les enfants dont les parents ou tuteurs ne peuvent fournir un soutien éducatif adéquat. En ce qui concerne les enfants placés, un soutien supplémentaire devrait être fourni, notamment par le biais de processus de réintégration familiale et de soutien aux familles.

Pour qu’elles soient efficaces en matière d’éradication de la pauvreté et de réduction de la vulnérabilité sociale et économique, de manière holistique et durable, les politiques à long terme qui émergent de cette crise doivent être fondées sur les droits, centrées sur l’enfant et intégrées à des ensembles plus vastes de systèmes de protection sociale.


Pour en savoir plus sur l’impact du covid-19 sur les enfants, lire les trois articles suivants : Barclay et cyndieConstruire la vie au présentRelever le défi de l’éducation à distance

  1. Ce sont toujours las pauvres qui trinquent et cela depuis la création du monde. C’est cela le péché, se servir soi et laisser les autres sur le bas côté de la route, cela est écrit dès le début de la Bible. Pourtant Dieu a envoyé son Fils pour changer les choses. Croyants ou non, même les cataclysmes ne nous réveillent pas. Des hors normes il en faut, Joseph Wresinski, Sœur Emmanuelle, Mandela etc… Réveillons les consciences en étant nous-mêmes des colporteurs de paix, d’amour, etc.

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