« Nous n’avons pas le choix »

Ashura Onesmo fait partie d’ATD Quart Monde en Tanzanie. Son travail de casseuse de pierres dans une carrière est épuisant et dangereux. Elle doit emmener ses enfants avec elle au travail tous les jours. Mais, sans éducation, elle n’a pas d’autres moyens de subvenir aux besoins de sa famille. Malgré ces difficultés, elle dit : « on ne désespère pas parce qu’on a l’espoir qu’un jour les choses changent ». Elle a prononcé le discours suivant lors de la Journée mondiale du refus de la misère en Tanzanie. Célébré partout dans le monde, le 17 octobre donne aux personnes qui vivent dans la pauvreté une occasion de partager leurs expériences et d’inviter les autres à les rejoindre dans le combat contre la pauvreté.

Mon nom est Ashura Onesmo. Je suis mère de cinq enfants et je suis casseuse de pierres dans une carrière appelée ‘Cambodia’. La cause profonde de ma pauvreté réside dans le conflit familial entre mon père et ma mère. Ma mère a dû élever ses enfants seule et sa seule source de revenus venait du peu d’argent qu’elle gagnait en faisant des petits boulots.
J’ai réussi à rester à l’école jusqu’au collège, mais je n’ai pas pu aller au lycée. Si j’avais reçu une bonne éducation, j’aurais pu trouver un bon travail et surmonter la pauvreté.

Pour les femmes comme moi, la manière de lutter contre la pauvreté, c’est de casser des pierres. C’est un travail qui n’exige aucune autre ressource que notre propre force, mais

Casser des pierres est un travail difficile et très dangereux. Nous le faisons parce que nous n’avons pas le choix.

Un salaire de misère pour un travail difficile et dangereux

Généralement, je me lève à quatre heures du matin pour préparer des jus à vendre et le déjeuner pour ma famille. Ensuite, je vais travailler à la carrière. À six heures du matin, dès que j’arrive, je commence aussitôt à casser des pierres. Je m’arrête vers trois heures de l’après-midi et je commence à séparer les tas de débris dans des seaux. En une journée, je peux en remplir entre 7 et 20 et gagner entre 2000 et 5000 shilling (ndt : 0.78 et 1.94 euros). Cela ne suffit pas pour les besoins de la famille, mais on continue à se battre. On ne désespère pas, parce qu’on a l’espoir qu’un jour les choses changent.

Casser des pierres, c’est un travail qui peut être fait par n’importe qui parce qu’il ne repose que sur le physique. Cependant c’est un travail qui entraîne des risques considérables. La poussière provoque la tuberculose et d’autres maladies. Nous travaillons au soleil toute la journée, avec très peu à manger. Les femmes sont exposées à des risques particuliers. Soulever et transporter les grosses pierres peut entraîner des fausses couches et d’autres blessures internes.

« Nos enfants sont avec nous tous les jours »

La pauvreté entraîne de nombreux problèmes. Nos enfants sont avec nous tous les jours à la carrière et c’est là qu’ils grandissent. Ils commencent eux-mêmes à casser des pierres à un très jeune âge. Ils prennent l’habitude de recevoir de l’argent, ce qui veut souvent dire qu’ils ne veulent pas aller à l’école. Certaines familles n’ont pas le choix et le cela leur permet que les enfants participent aux finances du foyer.

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