J’ai fait le choix de me battre pour un monde plus juste

Photo : Micol Bonapace chez ses hôtes en Turquie © ATD Quart Monde

Elle est souriante, gaie, dynamique… Pourtant ne vous y trompez pas : Micol Bonapace sait aussi donner des coups. Elle fait de la boxe française. Elle a découvert ce sport en Birmanie, où elle a habité dans le cadre d’une mission de solidarité internationale.

« La boxe est un sport accessible à tout le monde, elle peut être pratiquée partout et est très populaire dans certains milieux et certains pays. Pour moi elle est comme une danse ».

Volontaire depuis cinq ans, Micol a découvert le Volontariat ATD Quart Monde avec un groupe de jeunes dans la région parisienne. Ensemble, ils ont mené un projet de théâtre. Cette mission lui a permis de connaître la précarité de la vie d’une partie de la jeunesse.
Elle vit aujourd’hui avec sa famille au centre international d’ATD Quart Monde en France, où pendant trois ans elle s’est occupée de la communication internationale. Elle se prépare à partir en mission au loin avec son compagnon, lui aussi volontaire, et leurs deux filles âgées de 7 mois et 3 ans.

Une famille engagée

Micol est née à Turin, la grande ville industrielle du nord de l’Italie, lieu de bouillonnement politique. Ses parents, très tôt séparés, étaient engagés chacun à sa façon.
Son père est professeur de philosophie et d’histoire. Il écrit aussi des livres et en a notamment consacré un à Srebrenica, la ville martyre de Bosnie-Herzégovine. En pleine guerre, en juillet 1995, les Occidentaux la livrèrent aux troupes serbes qui massacrèrent plus de 8000 personnes.
Sa mère, aujourd’hui à la retraite, travaillait chez Fiat, le géant automobile. Militante syndicale, elle a toujours refusé de devenir cadre et est restée employée. « Ma mère a été de toutes les luttes syndicales », souligne Micol.

Les sciences politiques

Il n’est guère surprenant que Micol choisisse, à la fac, d’étudier les sciences politiques. Dans le cadre du programme d’échanges étudiant Erasmus, elle part un an étudier à l’Institut d’Études Politiques : « Mais ça ne m’a pas vraiment plu. J’ai souffert de l’ambiance, j’ai réalisé que Sciences Po n’était pas le lieu où on avait envie de faire bouger les choses. Au contraire. » Elle finira ses études à l’université de Lille, ville où elle commencera à découvrir la précarité de certaines familles Rroms à travers un collectif dans lequel elle est investie.
Elle part ensuite pour des missions brèves de coopération internationale au Burkina-Faso, en Tanzanie, et au Sénégal.

La rencontre avec ATD Quart Monde

Micol Bonapace © ATD Quart Monde

Elle rencontre le Mouvement ATD Quart Monde lors de son stage de fin d’études. Elle sent bien que son expérience ne peut pas s’arrêter là. Ce Mouvement lui semble riche de possibles, alors pourquoi aller ailleurs ! Elle est attirée par le projet radical de changement de société porté par l’association, qui stimule son envie de poursuivre cette démarche assez singulière de trouver des chemins avec les personnes vivant la pauvreté – et non pas à leur place – pour que celles-ci sortent de l’exclusion et aient une place dans la société. Micol décide de rejoindre le Volontariat :

  • « Je ne voulais plus participer à des projets ponctuels d’une durée limitée, j’avais profondément envie de m’impliquer dans la durée car c’est de cette manière qu’on peut véritablement changer de paradigme et porter des dynamiques qui ont du sens. Dans un monde où l’on sur-produit, on exploite le travail humain, les animaux, les sols, où l’être humain crée les problèmes et cherche ensuite de les résoudre sans remettre en question la cause du problème, mais en apportant des solutions qui provoquent d’autres problèmes, le choix d’une vie sobre, prônée par ATD Quart Monde, rompt avec une vision carriériste du travail, du profit, de la propriété, et demande, à travers l’action menée avec les personnes qui vivent l’extrême pauvreté, une société plus juste et équitable. Ce Volontariat revendique un autre monde, plus vivable pour tou.te.s, et il le construit à partir des réalités des personnes vivant la précarité. C’est cela qui m’a accrochée ».

Micol fréquente les lieux alternatifs où l’on débat de la mauvaise marche du monde, et apprécie la dimension de réflexion fortement présente au sein d’ATD Quart Monde :

  • « C’est une chance de pouvoir réfléchir à l’action et d’accorder autant d’importance à cela qu’à l’action en tant que telle. J’ai la chance en ce moment de participer à une aventure de recherche en philosophie sociale avec d’autres membres du Mouvement, militant.e.s Quart Monde, allié.e.s, volontaires. C’est passionnant. »
  1. Bravo Micol et bon vent pour ta prochaine mission en famille. Je garde un excellent souvenir du temps passé ensemble à Pierrelaye pendant ton stage de fin d’études.
    Amitiés.
    Bruno

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