Formation au Croisement des Savoirs et des Pratiques en Afrique
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« Si les plus pauvres n’ont pas été à la conception du projet, ils ne seront pas non plus lors du changement. » Père Joseph Wrésinski
Du 06 au 13 Octobre, la région Afrique du Mouvement ATD Quart Monde a vécu un temps de formation en Croisement des Savoirs et des Pratiques.
Cette formation a eu lieu au Centre Cucherusset à Bangui en Centrafrique. Elle a connu la participation d’une quarantaine de personnes: universitaires, professionnels, volontaires, allié.e.s et personnes ayant l’expérience de pauvreté. Ces participants venaient du Sénégal, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, R.D. Congo, RCA, France, Rwanda et la Tanzanie.
Cette session est née du besoin exprimé par plusieurs membres du Mouvement dans la région d’apprendre à animer des temps de Croisement des Savoirs. Il faut souligner également qu’à travers cette formation, le Mouvement avait aussi pour objectif de renforcer l’alliance dans la région.
La recherche sur les Dimensions cachées de la pauvreté avait déjà familiarisé certains membres avec cette méthodologie. Mais cette formation avait l’ambition d’aller plus loin et de permettre aux participants de pouvoir participer à l’élaboration de projets en Croisement des Savoirs locaux.
Pour une participation réelle et effective des personnes en situation de pauvreté en Afrique
La démarche citée consiste à faire entrer en dialogue les savoirs de vie des personnes en situation de pauvreté avec les savoirs d’action (des professionnels ou bénévoles) et les savoirs académiques (des universitaires). Ces dialogue produit alors de nouvelles compréhensions, connaissances, pistes d’action. Et ce qui en résulte a le potentiel de produire des transformations sociales qui seront un progrès pour tous.
Florence Bernard, Sophie Boyer1 et Martin Kalisa2 ont animé cette séance de formation qu’ils avaient adapté à la réalité africaine.
Pour permettre à tous de travailler à partir d’expérience vécues et non basées sur des préjugés, le Croisement des Savoirs demande aux participants d’écrire un récit d’un événement qu’ils ont vécu en lien avec le sujet qui les réunit. L’écriture de ces ‘’récits’’ a dû être adapté. Également les critères qui peuvent aider à travailler ensemble, la langue de militants, etc, ont été pensés selon la culture africaine pour faciliter la participation de tous et s’assurer que les personnes en situation de pauvreté contribuent au même titre que les autres partenaires.
Ce qui ne change pas
Malgré tout, l’essentiel de la méthodologie n’a pas changé pour un Croisement de Savoir, il faut les groupes de pairs3 dont l’un d’eux est toujours un groupe de pair avec des personnes ayant l’expérience avec la pauvreté. Le récit même adapté est resté important, le timing et la progression des étapes ont aussi été respectés.
Les participant.e.s ont appris les grandes étapes d’une co-construction4 collective avec les personnes en situation de pauvreté. Ils ont appris à réfléchir ensemble en partant du sujet, comment mettre en place un comité de pilotage, formuler d’un objectif et former des groupes de pairs.
Pour des Croisements des Savoirs et des Pratiques locaux
À la fin de la formation les membres se sont rassemblés par pays pour se demander comment arriver à vivre ce que chacun a appris et continuer à se former. Ils ont réfléchit sur les thèmes qu’ils pourraient travailler en utilisant la démarche du Croisement des Savoirs et des Pratiques. Et certains projets de Croisement des Savoirs sont en cours.
Cette année la formation s’est faite avec la participation des francophones uniquement. Mais une prochaine rencontre est prévue avec la participation des anglophones et des swahilophones.
Pour clôturer cette session de formation, les participants ont pris une photo de famille (voir image de couverture) pour immortaliser ce temps d’amitié, de fraternité et d’apprentissage ensemble.
Pour en savoir plus sur le Croisement des savoirs, visite la page dédiée à cette méthode.
- Membres de l’équipe de Croisement des Savoirs et Pratiques, en France
- Membre de la Délégation générale au moment de la rencontre
- Les participants travaillent d’abord avec les personnes du même milieu qu’eux, puis confrontent leurs expériences avec celles des autres groupes de pairs
- Nous parlons de ‘’co-construction’’ parce qu’à travers le travail en Croisement des Savoirs et des Pratiques, une nouvelle compréhension d’une situation émerge et permet aux participants de construire quelque chose collectivement pour changer la vie en société