Agenda 2030 : premier Forum Politique de Haut niveau sur les ODD à l’ONU

« Ne laisser personne de côté », c’est bien l’ambition des chefs d’états du monde entier qui ont adopté 17 nouveaux Objectifs de Développement Durable (ODD) en septembre 2015. Après un long processus de consultation et de négociation, ils se sont donné comme priorité de « mettre fin à la pauvreté, partout et sous toutes ses formes ». Mais trouver la manière d’atteindre les personnes à la marge de nos sociétés reste un défi.

Du 11 au 20 juillet s’est tenu au siège des Nations unies le premier Forum Politique de Haut Niveau (HLPF) qui a réuni les représentants des états, des agences de l’ONU et de la société civile pour réfléchir ensemble à la mise en œuvre la plus pertinente de ces ODD. A cette occasion, 22 pays se sont portés volontaires pour présenter un premier rapport de leur recherche de mise en œuvre des ODD. Parmi eux, des pays où est engagé ATD Quart Monde : Allemagne, France, Madagascar, Mexique, Philippines, Suisse.

Lors de la présentation des rapports des pays, les organisations de la société civile ont exprimé leurs commentaires et posé leurs questions. Le temps imparti était court, mais elles ont organisé une série impressionnante d’événements parallèles pour présenter plus en profondeur leur questions et leur expérience de mise en œuvre. Le rapport  Spotlight publié par « Social Watch » donne la parole à plusieurs organisations qui ont étudié les rapports des pays.

Rapport de la France commenté par ATD Quart Monde

ATD Quart Monde y a contribué en commentant le rapport de la France et en définissant un certain nombre de défis qui attendent celle-ci pour engager « une transition vers un véritable développement durable qui ne laisse personne de côté. Cela implique une réorientation des ressources financières, la création d’emplois décents, la mise en place d’un dialogue social et la pérennité de la protection sociale […] Bien que la France soit la sixième puissance économique du monde, la pauvreté est très répandue dans le pays et l’extrême pauvreté persiste. De nombreuses personnes subissent la violence de la pauvreté et les inégalités fragilisent la cohésion sociale et la démocratie. »

Parmi les défis auxquels la France est confrontée, ATD Quart Monde relève :

  • la nécessité d’intégrer la lutte contre la pauvreté et le dérèglement climatique,
  • d’adopter une approche fondée sur les droits de l’homme pour favoriser le développement durable,
  • de considérer les personnes vivant dans la pauvreté comme de véritables acteurs de changement,
  • de développer et protéger l’accès à une éducation pour tous, au logement, à un emploi décent,
  • de soutenir l’atténuation du changement climatique et l’adaptation à ses effets en France et dans les pays les moins riches.

Pour consulter le texte complet de la contribution d’ATD Quart Monde, cliquez ici : “Le lancement de l’Agenda 2030 en France et dans sa politique étrangère représente de nouveaux défis pour la France ».

Lire aussi dans le rapport Spotlight cette autre contribution d’ATD Quart Monde : “Ne laisser personne de côté implique de profonds changements dans les agences de développement »

Soutenir les efforts des plus pauvres à Madagascar

ATD Quart Monde salue également les efforts du gouvernement de Madagascar à intégrer les nouveaux ODD au plan national défini pour la période 2015-2019. A partir de notre engagement et de notre action dans le pays, nous relevons que les familles qui luttent au quotidien dans un grand dénuement investissent toute leur énergie pour que leurs enfants aient un avenir, en travaillant dans le secteur informel dans des conditions très précaires. C’est pour cela que nous mettons l’accent sur les recommandations suivantes :

– la création d’un socle de protection sociale universelle (voir la video d’ATD Quart Monde)

– l’investissement dans une éducation de qualité pour tous, une formation professionnelle de qualité et adaptée pour les jeunes,

– la création d’emplois décents.

ATD Quart Monde rappelle aussi les efforts permanents de ceux qui sont confrontés à la violence de la misère pour construire la paix dans leur quartier. Ces efforts doivent être soutenus, en particulier par le développement d’une culture de la gouvernance participative, pour que les décisions tant au niveau local, régional que national s’appuient sur une large participation de la population et une meilleure connaissance de la réalité de la pauvreté, notamment à travers des données qualitatives et quantitatives fiables et révisées régulièrement.