Aucun enfant ne devrait être invisible
Le 2 mars 2026, ATD Quart Monde a participé à une rencontre en marge du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. L’UNICEF et le Comité Africain d’Experts sur les Droits et le Bien-Être de l’Enfant étaient également présents. Lors de cette rencontre, les participants se sont penchés sur la façon dont la numérisation de l’enregistrement des naissances peut contribuer à protéger le droit de chaque enfant à une identité juridique. Ils ont aussi insisté sur la nécessité d’inclure les populations les plus vulnérables..
Depuis plus de soixante ans, ATD Quart Monde agit aux côtés d’enfants et d’adultes en situation d’extrême pauvreté. Et à partir des relations qu’il crée avec eux, s’emploie à faire entendre leurs voix dans l’élaboration des politiques qui les concernent directement. Les familles ne cessent d’insister sur l’importance de l’enregistrement des naissances, qu’elles considèrent comme préalable à l’accès aux droits fondamentaux tels que l’éducation, la santé et la protection sociale.
Pourtant, pour de nombreuses familles, faire enregistrer la naissance d’un enfant demeure extrêmement difficile. Les obstacles systémiques, notamment les coûts de transport, l’éloignement des bureaux administratifs, le manque d’informations et la crainte d’être mal traités par l’administration empêchent souvent les parents de mener la démarche à son terme.
Les différents acteurs et actrices pour faciliter l’enregistrement des naissances
En République centrafricaine, ATD Quart Monde s’engage avec les communautés pour répondre à ces enjeux. À Bangui, ATD Quart Monde a soutenu la création de Commissions en charge des documents administratifs dans douze quartiers. Ces initiatives, menées en collaboration avec des enfants et adultes, des accoucheuses traditionnelles, les autorités locales, des responsables de quartier, le registre national d’état civil et CIVIPOL, ont permis à 245 enfants d’obtenir leur certificat de naissance.
Les enfants eux-mêmes se sont impliqués activement. Les membres du Parlement des enfants Tapori mènent des actions de sensibilisation, accompagnent les enfants dans l’obtention de leurs certificats de naissance et incitent les adultes à enregistrer les naissances.
Lors des échanges, Christopher Dewane, membre du Parlement des enfants Tapori, a précisé en quoi la numérisation peut aussi bien aider qu’exclure les enfants :
« Lorsque j’ai entendu parler de numérisation pour la première fois, cela m’a semblé très compliqué, presque inaccessible. Tout ça paraît très éloigné de notre réalité, en particulier pour les enfants qui habitent dans les villages. »
Il a expliqué que de nombreuses familles n’ont accès ni à un ordinateur, ni à Internet, ni même parfois à l’électricité.
« De nombreux enfants ne peuvent pas obtenir d’acte de naissance, tout simplement parce que leurs familles n’en ont pas les moyens financiers. Or sans acte de naissance, l’enfant ne peut pas aller à l’école, ni réaliser ses rêves. »
Ne laisser personne de côté dans la numérisation de l’enregistrement des naissances
La numérisation des dossiers peut contribuer à la protection des droits des enfants. Elle garantit la disponibilité des informations même en cas de perte des documents physiques.
La numérisation peut rendre l’enregistrement des naissances plus accessible, à condition que les familles les plus vulnérables soient associées à la conception des dispositifs. Une piste prometteuse consiste à rapprocher les services d’enregistrement des familles.
Les sages-femmes, les accoucheuses traditionnelles et d’autres acteurs communautaires de confiance pourraient être dotés d’outils numériques simples afin de faciliter l’enregistrement des naissances directement au sein des communautés ou via les systèmes de santé locaux.
Grâce à la collaboration entre les familles, les autorités locales et les travailleurs communautaires, la numérisation peut renforcer les systèmes d’enregistrement des naissances, sans laisser aucun enfant de côté. Pour ATD Quart Monde, les priorités sont claires : la numérisation doit être mise au service de la dignité, de l’inclusion et des droits humains. Et ce, afin que chaque enfant soit reconnu et rendu visible.

