Message de la Délégation Générale à l’occasion de la journée mondiale du refus de la misère 2026

Temps de lecture : 5 minutes

En cette journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, écoutons le courage et le savoir-faire des personnes, des familles et des communautés qui vivent au cœur des violences de ce monde. Partout les conflits armés, les catastrophes climatiques, les incertitudes de toutes sortes peuvent laisser dans un état de sidération mais des hommes, des femmes, des enfants cherchent et inventent des chemins d’avenir, de fraternité et de paix. Ils nous obligent à l’espérance.

  • Partout les conflits armés, les catastrophes climatiques, les incertitudes de toutes sortes peuvent laisser dans un état de sidération mais des hommes, des femmes, des enfants cherchent et inventent des chemins d’avenir, de fraternité et de paix. Ils nous obligent à l’espérance.

En Afrique, en Amérique latine et Caraïbes comme dans beaucoup de lieux du monde, des régions sont traversées par des conflits armés qui génèrent leur cortège d’insécurité, de pénurie, de déplacement forcé. Les membres du Mouvement ATD Quart Monde continuent d’aller rencontrer les familles les plus isolées et nous disent : « les conflits ne détruisent pas seulement les maisons et les infrastructures, ils fragilisent les relations entres les personnes. » C’est pourquoi, ils n’ont de cesse de permettre aux familles qu’elles se rencontrent entre elles. Et alors « peu à peu des liens se reconstruisent qui favorisent le respect, la compréhension et la fraternité. » Ils permettent aux enfants de participer à des camps de la paix pour qu’« ils deviennent des messagers capables de transmettre autour d’eux des valeurs d’amitié, de solidarité et de paix. » Ces actions quotidiennes, « ne sont pas suffisantes pour mettre fin aux conflits armés mais elles signifient qu’une paix durable se construit dans la reconnaissance que chaque personne, même celle qui vit dans la plus grande pauvreté, possède une dignité et une capacité de participer au changement. »

Dans des lieux où sévit la violence des gangs, des parents portent le souci que leurs jeunes ne se fassent happer par ces gangs. Dans d’autres villes, ils craignent que leurs jeunes ne se laissent prendre par des trafics de drogues ou des réseaux qui vont les avilir. L’espoir des parents est nourri en regardant d’autres jeunes qui bravent les risques, comme René. Celui-ci participe aux activités d’ATD Quart Monde de son quartier et dit : « Je le fais car je veux offrir des figures d’identification positive aux enfants comme moi j’en ai eues. »

  • L’espoir des parents est nourri en regardant d’autres jeunes qui bravent les risques, comme René. […] « Je le fais car je veux offrir des figures d’identification positive aux enfants comme moi j’en ai eues. »

En Europe, témoins de la destruction brutale d’un quartier où vivaient depuis longtemps une population rom, des citoyens et citoyennes se mobilisent avec les familles du quartier. L’une d’elles nous dit : « le quartier a été éradiqué avec une violence, une rage que je n’avais jamais vues. On a filmé les colonnes d’enfants et de parents chassés. Nous avons pu fournir des preuves devant la cour européenne des Droits de l’Homme. » Dans des sociétés où les différences sont exacerbées et génèrent des oppositions, des femmes et des hommes n’ont pas peur de s’unir avec les plus décriés, créant des solidarités pour dénoncer politiquement et juridiquement une violation des Droits humains.

Aux États Unis d’Amérique, Rose refusant l’envoi, par l’État fédéral de la garde nationale dans sa ville ose écrire aux conseillers une longue lettre où elle interroge : « Pourquoi nos dirigeants ne mettent-ils pas en valeur la beauté profonde de notre communauté ? Pourquoi insistent-ils sur le niveau de dangerosité ? Déclarer l’état d’urgence, appeler la garde nationale ne rendra pas nos quartiers plus sûr. Bien au contraire : elle rendra notre merveilleuse ville beaucoup moins sûre et mettra la population dans un vrai danger. » Puis elle prouve combien grâce à tout ce qui est entrepris par sa communauté pour ne laisser personne de côté, sa famille, ses enfants, ses voisins ne se sentent pas seulement en sécurité mais le sont réellement. Elle souligne aussi que certains de leurs droits manquent à ceux qui en auraient le plus besoin, c’est cela qui est attendu pour développer une vraie sécurité.

En 1984, Joseph Wresinski, fondateur d’ATD Quart Monde, dans une réflexion partagée avec d’autres sur la non-violence, disait : « Les Droits de l’Homme sans amour, sans respect inébranlable de l’homme n’aboutissent pas pour les plus pauvres. Mais de même, l’amour qui ne va pas jusqu’à reconnaître les Droits de l’Homme aux plus pauvres, les laisse dans la non-fraternité, dans l’infériorité blessante, dans l’impuissance contre les humiliations. »

  • Joseph Wresinski et toutes les résistantes et résistants d’aujourd’hui nous appellent à habiter fraternellement notre terre afin de construire une paix durable.

Joseph Wresinski et toutes les résistantes et résistants d’aujourd’hui nous appellent à habiter fraternellement notre terre afin de construire une paix durable.

Chantal Consolini Thiébaud, Joëlle Girard, Daniel Marineau

Délégation générale
Mouvement international ATD Quart Monde

Découvre d’autres messages de la Délégation générale: