Faire vivre la Journée mondiale du refus de la misère sur le terrain

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C’est à l’échelle locale que chaque 17 octobre, l’esprit de la Journée mondiale du refus de la misère prend toute sa force.

Les équipes et groupes locaux ont un rôle essentiel : créer des occasions de rencontre qui n’existeraient peut-être pas autrement. Leur travail consiste à rassembler des personnes vivant la pauvreté et d’autres citoyens autour d’une volonté commune de refuser la misère et de faire respecter les droits humains.

Cette préparation ne devrait pas commencer quelques jours avant le 17 octobre. Elle peut être un processus qui se construit tout au long de l’année : écouter, dialoguer, créer des liens, associer les personnes concernées aux décisions, préparer ensemble les activités et réfléchir collectivement au message que l’on souhaite porter.

Une célébration réussie est donc moins une question de moyens qu’une question de participation.

Les personnes en situation de pauvreté doivent pouvoir contribuer à la préparation, choisir les formes d’expression qui leur conviennent, prendre la parole si elles le souhaitent et être reconnues pour leurs engagements quotidiens. Le 17 octobre rend visible ce que ces personnes font déjà pour résister à la pauvreté et construire des solidarités.

Les organisateurs ont également une responsabilité particulière dans la manière de communiquer. Les photographies, vidéos, témoignages et messages diffusés doivent respecter la dignité des personnes et éviter toute représentation humiliante ou misérabiliste.

Le 16 octobre 2026, un rendez-vous aux Nations Unies à New York

La dimension internationale du 17 octobre trouvera cette année un écho particulier au siège des Nations Unies à New York.

Comme le 17 octobre 2026 tombe un samedi, la commémoration aux Nations Unies se tiendra le vendredi 16 octobre. Le Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies, avec d’autres agences et partenaires, marquera la Journée en collaboration notamment avec le Comité international 17 octobre, des personnes en situation de pauvreté et celles qui agissent à leurs côtés.

Cette célébration réunira deux dimensions complémentaires. Dans la prestigieuse salle de l’ECOSOC, des témoignages permettront de donner une place centrale à la parole et à l’expérience vécue. La pauvreté ne sera pas seulement évoquée à travers des chiffres ou des politiques publiques : celles et ceux qui la vivent pourront contribuer directement à la réflexion collective.

Puis, dans les jardins du siège de l’ONU, devant la réplique de la dalle commémorative installée en 1996, une cérémonie plus symbolique et solennelle permettra de rappeler le lien historique entre le 17 octobre, les droits humains et l’appel à l’unité lancé à Paris en 1987.

Cette présence de la dalle à New York est particulièrement significative : le même message qui fut gravé au Trocadéro peut ainsi continuer à rassembler, à des milliers de kilomètres de Paris, des personnes engagées pour un monde sans misère.

Et chez vous, comment célébrer la Journée mondiale du refus de la misère ?

Il n’existe pas une seule manière de célébrer cette Journée, même si fondamentalement, elle a été créée afin que les personnes qui ont l’expérience de la misère puissent s’exprimer par elles-mêmes, face au reste de la société. Une petite rencontre peut être aussi importante qu’un grand rassemblement si elle permet à des personnes qui ne se rencontrent habituellement pas de se parler, de s’écouter et de construire quelque chose ensemble.

Voici quelques idées, à adapter au contexte local :

  • Donner la parole : organiser des témoignages, des mini-interviews, un micro-trottoir, une scène ouverte, une lecture de textes, de poèmes ou de chansons.
  • Créer une exposition : présenter des photographies, des dessins, des affiches ou des récits réalisés avec les personnes du groupe local.
  • Faire entendre des voix : produire de courtes vidéos avec un téléphone, diffuser des témoignages sur les réseaux sociaux ou organiser une rencontre en visioconférence avec un autre groupe.
  • Utiliser les médias locaux : proposer une émission de radio, un reportage, un bulletin communautaire ou un message diffusé par une radio associative.
  • Se retrouver autour d’un repas : organiser un repas ou un goûter solidaire réunissant plusieurs générations et plusieurs milieux sociaux.
  • Marcher ensemble : proposer une marche pacifique ou un rassemblement dans un lieu symbolique de la ville.
  • Débattre et réfléchir : organiser une table ronde, une conférence, un atelier participatif ou une discussion autour du logement et des droits humains.
  • Créer avec les enfants et les jeunes : proposer des quiz, des jeux, des ateliers artistiques, des dessins autour de la paix ou des activités pédagogiques sur les droits humains.
  • Faire du théâtre : préparer une saynète, un théâtre-forum ou une conférence dansée permettant de partir de situations concrètes.
  • Informer autrement : créer des affiches, des banderoles, des T-shirts ou des fiches présentant quelques données et idées essentielles sur la pauvreté et le logement.
  • Déconstruire les préjugés : organiser un atelier consacré aux idées reçues sur le sans-abrisme, le mal-logement ou les personnes vivant dans la pauvreté.
  • Construire des partenariats : associer écoles, associations, ONG, bibliothèques, centres culturels, médias communautaires et autres acteurs locaux.
  • Faire participer le public : installer un mur d’expression où chacun peut répondre à une question comme « Qu’est-ce qu’habiter dignement ? » ou « Que pouvons-nous faire ensemble pour la paix et les droits humains ? ».


Toutes ces formes peuvent prendre des dimensions très différentes. L’essentiel est de ne pas perdre de vue le sens de la Journée : se rassembler, écouter, reconnaître l’égale dignité de chacun et agir ensemble.

Passer d’une commémoration du 17 octobre à une mobilisation tout au long de l’année

Le 17 octobre est une date, mais il représente surtout un engagement qui dépasse largement une journée.

En 2026, « Habiter la terre » nous invite à regarder autrement le logement, le sans-abrisme, les territoires et les inégalités. Il nous rappelle qu’un logement convenable n’est pas un privilège réservé à celles et ceux qui peuvent se le permettre, mais une condition essentielle pour vivre dans la dignité et exercer ses droits.

Le défi est donc de faire du 17 octobre un moment où les personnes qui vivent la pauvreté ne sont pas simplement invitées à participer, mais où leur expérience, leur parole et leurs savoirs contribuent réellement à construire la célébration et à imaginer les changements nécessaires.

À Paris comme à New York, dans une grande institution comme dans une petite salle associative, sur une place publique comme autour d’un repas, le geste est finalement le même : refuser que la misère soit considérée comme une fatalité et choisir de s’unir pour que les droits humains soient respectés.

Le 17 octobre 2026 nous donne rendez-vous autour d’une question qui nous concerne toutes et tous : comment faire de la terre un lieu où chacun puisse réellement habiter, vivre en paix et être reconnu dans sa dignité ?

La réponse ne viendra pas d’un seul acteur. Elle pourra se construire dans les rencontres, les engagements solidaires et les moments partagés, non seulement le 17 octobre, mais aussi chaque autre jour de l’année !