Maman Louise, RD Congo : « Je vous présente mon travail » | Vidéo

Le 1er mai, Journée internationale des travailleurs, est l’occasion de mettre en avant le travail non reconnu et défini comme informel, des personnes en situation de pauvreté, souvent éloignées ou peu représentées par le monde du travail salarié. En effet, partout dans le monde les plus pauvres développent des savoirs-faire qui ne sont pas valorisés par la société et qui leur permettent de créer des activités génératrices de revenus et des réseaux de solidarité.
Pour cette journée, une série d’articles est proposée pour rendre hommage à ces personnes invisibles qui pourtant contribuent, à leur échelle, à préserver les ressources limitées de la Planète et à une économie plus humaine.

Parmi elles, Maman1 Louise. Originaire de la République Démocratique du Congo, de la ville de Bukavu et militante au sein d’ATD Quart Monde, elle travaille comme porte-faix. Un travail éprouvant mais qui lui permet de nourrir sa famille et soutenir son entourage.

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Être porte-faix c’est sillonner les marchés à la recherche d’un client afin de transporter sur son dos ses achats, parfois sur de longues distances. Il s’agit souvent de charges très lourdes comme par exemple des sacs de maniocs ou de bananes. Malgré tout l’effort qu’il demande, ce métier fait pourtant la fierté de Maman Louise :

  • « Je suis portefaix. Je travaille dans un marché, à côté du lac Kivu. Ce que je fais est un travail difficile mais malgré cela je me donne du courage parce que Joseph Wresinski, nous a dit de ne pas baisser les bras.»

A travers son travail, Maman Louise voit d’ailleurs l’opportunité de former ceux qui n’ont pas de quoi vivre. Pour elle c’est comme un devoir car de cette façon, elle aide de nombreuses personnes dans le besoin :

  • « Je partage mon travail avec des gens que je rencontre dans la vie. Il peut se faire qu’on ait un sac de 40 kg à transporter. Je le répartis avec une autre personne car je ne peux pas manger si une voisine a le ventre vide. »

Faire partie du Mouvement, lui a permis de s’exprimer librement sans complexes. Étant membre de l’équipe de coordination d’ATD au Congo, elle raconte :
« Dans cette coordination, je suis parmi ceux qui ne savent ni lire ni écrire mais pourtant je suis considérée comme tout le monde. Nous sommes tous égaux puisque pour le père Joseph l’intérêt ce n’est pas de privilégier ceux qui ont étudié mais que ceux qui ont étudié et ceux qui n’ont pas étudié se mettent ensemble pour une même cause. Parfois on me donne la responsabilité de modérer une réunion, je le fais à ma manière. Cela me touche beaucoup qu’on m’accorde l’occasion de parler, je n’ai jamais vécu ça en dehors d’ATD. »
Elle est également membre d’un groupe dénommé « Familles solidaires », ce sont des familles qui vivent dans la pauvreté et qui ont décidé de s’unir ensemble contre la misère. Chacun y partage ses expériences, ses pensées. Dans ce petit groupe, elle est la caissière. Ils mènent plusieurs actions de solidarité dans leur quartier. Par exemple, face à l’insalubrité, ils ont décidé de ramasser tous les sachets lors du 17 Octobre dernier.

Elle explique que souvent ils vont aussi visiter des familles très isolées, qui vivent encore plus dans la misère pour qu’elles ne se retrouvent pas seules :

  • « Avant d’être dans le Mouvement je ne faisais pas ça. Dans le Mouvement on a appris à donner la dignité à une personne, donner l’amour à une personne, donner du soutien. »

Maman Louise nous rappelle la valeur qu’un travail peut avoir dans la vie d’une personne et celle de sa communauté. Au sein d’ATD, elle milite pour ses droits et ceux des autres qui sont dans la même situation qu’elle. Elle apprend aux autres et apprend également d’eux.
Elle confie fièrement : « Dans le Mouvement on apprend qu’il faut partager son intelligence avec d’autres, je vous ai dit que je ne savais ni lire ni écrire, il y a un membre de notre coordination qui s’est donné le courage de m’apprendre. Il s’appelle Bob ! Maintenant, je sais écrire mon nom et « ATD ». »

  1. Marque de respect en RDC
  1. Quel témoignage! On parle beaucoup d’inclusion des plus pauvres mais là, on a une pratique.
    Je vote pour que Louise soit nommée « Grande Citoyenne du Monde »

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