Conférence reportée à l’automne 2020

En raison du Coronavirus, cette conférence est reportée à l’automne 2020

ATD Quart Monde et Esther Duflo plaident pour une nouvelle approche de la pauvreté

Durant trois ans, une équipe de recherche internationale – menée par l’Université d’Oxford et ATD Quart Monde – a cherché à déterminer les dimensions cachées de la pauvreté pour mieux la comprendre.

  • Les résultats de cette recherche, qui associe les personnes en situation de grande pauvreté en tant que co-chercheuses, seront présentés le 9 mars au FMI et à la Banque mondiale lors d’une conférence à Washington.

Intitulé « Remettre la dignité au centre de la protection sociale », un discours d’ouverture d’Esther Duflo, prix Nobel d’économie, précédera les discussions et les groupes de travail entre les participants à la recherche et les représentants des institutions internationales.

Programme de la conférence. Pour visionner la conférence en anglais à partir du 9 mars, cliquer ici.

Lutter efficacement contre la misère, c’est d’abord la comprendre

S’il est largement admis que la grande pauvreté est multidimensionnelle, aujourd’hui encore on tend à la limiter à ses aspects financiers quand il s’agit de la mesurer, comme le fait par exemple la Banque mondiale qui fixe le seuil international de pauvreté à 1,90 dollar par personne et par jour. Pourtant l’enjeu est de taille : alors que la communauté internationale a adopté de nouveaux Objectifs pour un Développement Durable (ODD) – dont le premier est de mettre fin à la misère sous toutes ses formes et partout dans le monde – la manière dont nous comprenons et mesurons la pauvreté est plus que jamais essentielle. Pour répondre à cet enjeu, une recherche participative internationale sur les dimensions cachées de la pauvreté, pilotée par l’Université d’Oxford et ATD Quart Monde avec le soutien de nombreux partenaires, a été menée dans six pays – trois au Nord et trois au Sud – pour établir de nouvelles catégories d’analyse de la grande pauvreté. Moins technocratiques et davantage nourries par la vie des personnes qui en souffrent, ces « dimensions cachées de la pauvreté » mises en lumière par cette recherche ont pour but de faire avancer la pensée globale sur la nature de la pauvreté.

Aussi, le 9 mars à Washington, la présentation de cette recherche devant les acteurs des institutions internationales doit permettre d’ouvrir les discussions sur de nouvelles manières de comprendre et de mesurer la pauvreté et les outils à mettre en place pour y parvenir. Objectif à long terme : contribuer à des actions de terrain plus efficaces et à l’élaboration de meilleures politiques de lutte contre la misère aux niveaux national et international.

La Recherche participative révèle 9 dimensions de la pauvreté, et 5 facteurs modificateurs

S’appuyant sur la comparaison de dimensions identifiées en premier lieu dans chacun des six pays participants, la recherche a révélé neuf dimensions de la pauvreté communes aux pays du Nord comme à ceux du Sud. Au-delà des privations auxquelles font face les personnes en situation de pauvreté – manque de travail décent, revenu insuffisant et précaire, privations matérielles et sociales – des dimensions jusqu’alors mal définies, peu comprises voire non reconnues sont mises en lumière telles que la maltraitance institutionnelle, la maltraitance sociale, la dépossession du pouvoir d’agir ou encore le combat et la résistance face à la misère. L’étude fait également apparaître cinq facteurs qui peuvent modifier l’intensité de la pauvreté : l’identité́, le temps et la durée, le lieu, l’environnement et la politique environnementale, les croyances culturelles. Cette recherche éclaire aussi les dynamiques et interactions entre ces dimensions, montrant que « tout est lié, rien n’est figé ».

Une méthodologie innovante : des personnes en situation de pauvreté co-chercheuses

Au total, 1091 personnes – personnes en situation de pauvreté, professionnels et universitaires – ont participé à cette recherche. En mettant en œuvre la démarche du Croisement des savoirs et des pratiques© développée par ATD Quart Monde depuis vingt ans, cette recherche participative a pour originalité de reconnaître les personnes en situation de précarité en qualité de co-chercheuses, à égalité avec les universitaires et les professionnels. Cette approche, qui met en confrontation différents savoirs, permet ainsi de changer de paradigme : les populations qui étaient l’objet de programmes de développement pensés par d’autres deviennent sujets et source d’une connaissance indispensable pour lutter efficacement contre la misère.

Télécharger le rapport de la recherche

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