« Nos voix » : en Pologne, bientôt un défenseur des droits sociaux ?

Dans la photo ci-dessus : rencontre avec le défenseur pour les droits civiques.

Le projet « Nos voix », financé par la commission européenne et mené dans trois pays (Irlande, Espagne et Pologne) a pris fin. L’un des derniers événements a été une rencontre à Strasbourg entre les représentants des trois pays.

Sur le papier, le projet est fini, mais pas dans l’esprit des participants en Pologne. Lors de la dernière rencontre officielle de juin 2017, les participants se sont rendus compte que les conclusions et les recommandations élaborées pendant l’année et demie qu’a duré le projet ne sauraient en constituer la fin, mais qu’elles étaient bien plutôt le début d’un véritable changement dans le domaine des services sociaux en Pologne.

Les participants de « Nos voix » ont décidé de poursuivre le travail ensemble afin de mettre en œuvre plusieurs idées développées au cours du projet. Après quelques réunions, ils ont résolu de se concentrer sur un changement majeur : la création de l’institution de médiateur des services sociaux en Pologne. Une telle institution serait fondée sur la loi nationale sur les droits sociaux et son fonctionnement pourrait être similaire à celui des institutions existantes de médiateurs de la santé publique ou des services sociaux en Finlande. Le médiateur s’occuperait des droits des bénéficiaires des services sociaux et des travailleurs sociaux. Sa fonction serait semblable à celle des bureaux gouvernementaux qui veillent sur les droits des consommateurs ou des patients médicaux.

Les membres de Nos Voix présentent leur idée d’un défenseur des services sociaux aux représentants du gouvernement à Daleszyce.

La fondation d’une telle institution serait très importante à la fois pour les travailleurs sociaux et pour les personnes qui sont accompagnées par leurs services. Marta, du groupe des militants de « Nos voix », a expliqué qu’« avec ce projet, [elle a appris] à mieux comprendre la situation [des travailleurs sociaux], qui est souvent mal comprise par les autres [militants]…

  • Le plus important, c’est d’avoir un langage commun entre le travailleur social et la personne accompagnée. C’est important que cette dernière n’aie pas peur du travailleur social, qu’elle n’aie plus la crainte qu’il puisse lui faire du mal ou faire intervenir la police.

Mais nous devons aussi être justes et dire la vérité au travailleur social. »

Entre juin 2017 et juin 2018, « Nos voix » a commencé à travailler à la création de cette institution de médiateur des services sociaux en Pologne. Des personnes qui vivent dans la pauvreté, des universitaires et d’autres professionnels ont mené une enquête pour rassembler un large éventail d’opinions sur cette idée. Après beaucoup de préparation, dont la formation des militants pour la conduite de l’enquête, chaque groupe a mené l’enquête auprès de ses pairs, par exemple les personnes en situation de pauvreté auprès de ceux qui ont l’expérience de la pauvreté. Plus de dix personnes sont désormais en train de mener cette étude et de rassembler les entretiens qui en résultent.

Les membres de « Nos voix » ont participé à deux rencontres avec des représentants du gouvernement pour promouvoir l’idée d’un médiateur. La première rencontre s’est déroulée en novembre 2017 avec le médiateur pour les droits civiques, Adam Bodnar. La réunion portait sur la question des sans-logements, mais les militants de « Nos voix » ont mis en avant l’idée d’un médiateur qui aurait, parmi d’autres responsabilités, celle de soutenir les personnes qui ont des difficultés de logement. Le médiateur s’est montré très intéressé par cette idée et les participants de « Nos voix » comptent sur son soutien dans le futur.

La deuxième rencontre s’est déroulée dans une petite communauté appelée Daleszyce. Les représentants du gouvernement à Daleszyce ont invité ceux du groupe « Nos voix » ainsi que les directeurs et les travailleurs sociaux des communautés avoisinantes à prendre part au rendez-vous. Pendant la réunion, les membres de « Nos voix » ont présenté leur projet et exposé l’idée d’un médiateur des services sociaux, ainsi que la méthodologie du croisement des savoirs. Dans la discussion à propos des services sociaux qui a suivi, les militants ont parlé de leur expérience avec les services sociaux polonais.

Les membres de « Nos voix » sont enthousiastes à la perspective de poursuivre ce projet. Les prochaines étapes se concentreront sur l’analyse des résultats de l’enquête, afin de les utiliser pour promouvoir l’idée d’un médiateur des services sociaux en Pologne.

Pour plus d’informations sur ATD en Pologne.

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