Le temps est venu de construire un monde où personne n’est laissé de côté

Le 30 septembre dernier s’est tenu le spectacle Abaim à Barkly, dans la ville de Beau Bassin à l’île Maurice. 300 personnes étaient réunies autour de l’événement préparé depuis de longues semaines par l’équipe mobilisation d’ATD Quart Monde et les responsables artistiques du groupe Abaim.

Abaim est une association créée en 1982 dans le cadre d’une grève de travailleurs, puis est devenue un lieu de formation musicale et humaine pour des jeunes du quartier de Barkly, avec notamment une école unique de ravanne, le tam-tam mauricien.

Au tout début de la rencontre, le président d’ATD Maurice faisait ressortir que c’est ensemble que nous pouvons sortir de la misère, et que depuis le départ, les artistes ont pris fait et cause de la lutte d’ATD. « L’art, la musique, la poésie, les chants, les spectacles sont des moyens privilégiés pour vaincre la violence, c’est un lieu d’expression et de communion. »

Cet événement était par ailleurs une occasion parfaite pour faire signer l’appel à l’action au public nombreux qui a répondu présent.

Le leitmotiv qui revenait pendant le spectacle d’environ une heure et demie était :

  • Pou pa kit person derier, ki nou bizin fer ? Nou tou nou avans ensam
  • Pou pa kit person derier, ki nou bizin fer ? Nou tou bizin solider
  • Ce qui veut dire :
  • Pour ne laisser personne derrière, que devons-nous faire ? Nous devons avancer tous ensemble.
  • Pour ne laisser personne derrière, que devons-nous faire ? Nous devons être tous solidaires.

JT Mbc 03/10/17 – Stop Pauvrete

JT 03.10.17 – L’univers de notre patrimoine culturel revécu sur scène par le groupe ABAIM. Les artistes soutiennent ATD Quart Monde Maurice dans le cadre de cadre de sa campagne Stop Pauvreté Agir Tous Pour La Dignité. L’engagement de l’art se déploie à travers cette action reflétant sa puissance dans la communication d’une cause commune. Danses, Sirandane, solo de Ravane c’est une incursion dans les moindre passages de notre héritage qui est ouvert au public.

Publié par Abaim sur mercredi 4 octobre 2017

Entre contes, fables, témoignages, chants et danses, l’assemblée était subjuguée par le moment et l’univers d’Abaim. Entraînés par le rythme et les couleurs des costumes des enfants chanteurs, musiciens et danseurs, on écoute et regarde attentivement. Pendant le spectacle, des militants à l’instar de Tikaye, Tillie et Ricarl ont eu à prendre la parole. L’un racontait son parcours contre la misère, l’autre sa lutte vers un avenir meilleur par l’éducation, ou encore la recherche de solutions pour subvenir aux besoins de sa famille, en brisant le cercle vicieux de la pauvreté forcée.

Voici les thèmes abordés au cours de leurs interventions  :

  • La responsabilité parentale

« Letan mo pe get zot mo trouve lor zot figir pe dir :‘kitfwa papa pe amenn enn zafer ?’ Tousala papa la pe vini lame vid e momem mo pa pe kone koma mo pou fer pou rant dan sa lakaz la. »

« Quand je regarde mes enfants, je vois sur leurs visages : ‘peut-être que papa a ramené quelque chose ?’  En fait, papa est revenu les mains vides. Et moi-même je ne sais comment faire pour rentrer à la maison. »

  • L’éducation

« Ou kone, kan ou al lekol ou enn zanfan pa konn lir, lekol met ou dan enn kwin, bien tigit zanfan ki vinn koz avek ou. Kan poz enn kestion, kan seki pa kone reponn mem repons bon pa bon, kan nou tourn latet, bann seki kone zot riy nou. »

« Vous savez, quand vous allez à l’école et que vous ne savez pas lire, vous êtes mis à l’écart, peu d’enfants viennent vous parler. Quand on pose une question, ceux qui ne savent pas répondent, que la réponse soit bonne ou mauvaise. Quand vous tournez la tête, ceux qui savent se moquent de vous. »

  • Vivre en paix

« Zame pa kapav viv dan lape kan ou pe sibir lamizer, parski enn dimounn pou viv an pe, li bizin ena enn travay korek e li bizin ena enn sours de reveni pou li kapav nouri li ek so fami. Si li pena tou ce qui mo finn mansione, alor zame li pou kapav viv anpe. »

« Jamais on ne peut vivre en paix quand on subit la misère, car pour qu’une personne vive en paix, elle a besoin d’un travail correct qui est une source de revenu, pour pouvoir nourrir sa famille. Sans tout cela, il ne connaîtra jamais la paix. »

Gilbert Col