Ça change la vie !

En 2017, ATD Quart Monde a invité à écrire des histoires vraies de changement contre une situation d’injustice et d’exclusion pour montrer que lorsqu’on s’unit pour un même combat la misère peut reculer.
Les articles sur notre site ne sont pas signés car il s´agit de favoriser une voix collective. Dans le cadre des 1001 histoires, l’auteur met en lumière une histoire vécue. L’histoire qui suit a été écrite par Béatrice Soulé (France).

Ça change la vie, on dort mieux, on est mieux, on n’est plus embêtés quand on sort. Guillaume, mon fils, a une meilleure santé, il n’a plus peur de se faire agresser. Même le chien est mieux. Mais c’est le début ” dit Béatrice après son relogement en novembre 2016.

On a été plus d’un an tout seuls dans la cité des Alouettes. Des butées de terre avaient été installées tout autour de l’immeuble, on ne pouvait plus sortir, il a fallu appeler la police. Tout le monde avait déménagé, c’est Daniel qui est parti le dernier avant nous.

  • Il pleuvait devant la porte. On avait froid… Ils ne prenaient plus les poubelles, il n’y avait plus de gaz. On mettait du carton aux fenêtres.

Devant cette situation intenable, un groupe d’accès aux droits fondamentaux s’est mobilisé pour soutenir la famille de Béatrice.
Un courrier a été envoyé au bailleur social : “ Depuis de nombreux mois, madame Soulé fait des démarches continues pour être informée des perspectives de relogement, sans obtenir de réponses précises et écrites. Quand nous l’avons rencontrée hier, nous avons constaté les conditions de vie indécentes de la famille et leur immense fatigue. Le Mouvement ATD Quart Monde se préoccupe du respect de la dignité de tous. La situation de madame Soulé et de sa famille nous semble intolérable.

Ce courrier est resté sans réponse, mais quelques mois plus tard, un rendez-vous a été obtenu chez le sous-préfet.
Quand Sylvie, volontaire permanente d’ATD Quart Monde, était là dans la cité, il y avait un lien entre tous les habitants, mais ensuite il y a eu le plan ANRU (Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine) et toutes les familles ont été relogées sauf nous et la famille de Jean-Pierre.

  • On a été de façon transitoire onze mois dans un autre appartement. On devait avoir une maison au bout de quatre mois. Le responsable du bailleur social m’avait dit qu’il allait me reloger puis non !

Je n’ai pas compris : est-ce que c’était parce que notre chien s’était battu ? Mais ça n’était pas de sa faute, il avait été agressé ! Les jeunes cassaient les boîtes aux lettres, j’ai dû faire un puzzle avec une feuille d’impôt qu’ils avaient déchirée. Ils lançaient des boulettes de terre aux fenêtres. C’était très difficile de vivre dans cet immeuble.
J’ai écrit au bailleur social quand ils m’ont envoyé un courrier qui disait que je ne savais pas tenir mon logement. Et là, enfin, j’ai eu cette maison.

Maintenant, on ne part plus ! J’ai mis des rideaux aux fenêtres. Je vais poser le coucou que ma mère m’avait offert. Je vais envoyer une photo de ma nouvelle maison à ma sœur qui habite Grenoble.

Ici les voisins ont aidé au moment du déménagement. Heureusement qu’ATD Quart Monde était là ! Je n’aurais jamais osé écrire au préfet. Au CCAS (Centre communal d’action sociale), une dame a été un fort soutien moral. Le suivi de mon relogement n’était pas de son domaine mais elle m’a toujours reçue et m’a soutenue auprès de la personne qui en était responsable.

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