Atelier de rencontres à Budapest: faire l’expérience d’une société plus juste et solidaire

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« Nous savons que nous ne sommes pas seuls »

Cet atelier a rassemblé 31 personnes venues de Bulgarie, de Hongrie, de Roumanie et de Serbie, ainsi que des membres d’ATD Quart Monde de Belgique, de France, de Pologne et du Royaume-Uni. Les participants étaient de milieux différents. Certains travaillent au sein d’un groupe ou d’une organisation, d’autres sont seuls. D’autres encore sont impliqués dans leur propre communauté ou quartier. Ils connaissent tous les difficultés dont les personnes en situation de pauvreté font l’expérience au quotidien, ainsi que leurs forces et leurs capacités. Chaque participant essaie d’aller à la rencontre de celles et ceux dont la contribution manque encore à la société.

L’atelier s’est déroulé au Centre Européen de la Jeunesse à Budapest, en Hongrie, du 4 au 8 juillet 2018, avec des traductions en cinq langues. Les échanges se sont concentrés sur trois des défis principaux pour bâtir une société plus juste et humaine  :

  • L’accès à l’éducation pour tou-te-s,
  • L’accès à un logement décent, avec l’électricité, l’eau courante et le chauffage,
  • Les stratégies expérimentées par les participants pour aider les personnes à faire valoir leurs droits et pour développer une société plus inclusive.

Les participants ont travaillé en petits groupes et en sessions plénières, ainsi qu’au cours d’ateliers créatifs pour apprendre des savoir-faire comme une méthodologie pour dessiner en groupe, ou une méthode éducative par la fabrication du pain, ou encore le théâtre-image.
Voici quelques unes des idées importantes exprimées par les participants à cet évènement :

« On peut passer d’une société où la pauvreté existe à une société plus juste et plus solidaire en se liant les uns aux autres, en favorisant l’ accès à l’éducation et en rejoignant les efforts de celles et ceux qui vivent dans la pauvreté pour surmonter leur situation. »

« Notre gouvernement ne nous voit pas, nous sommes toujours invisibles. »

L’accès à l’éducation

Il est important de comprendre les obstacles qui empêchent les enfants d’aller à l’école, mais aussi d’y apprendre quand ils y sont.

  • « Notre recommandation est de maintenir un lien entre les parents et l’éducation, d’identifier les forces et les ressources qui existent au sein de la communauté et de travailler avec eux, en étant créatifs et motivés. Nous voulons rapprocher les parents et les enseignants. »

« Une autre recommandation repose sur le principe des activités alternatives pour les enfants, afin de les motiver et de stimuler leur confiance en eux. Ça exige une approche étape par étape, qui se fixe des objectifs réalistes pour les enfants. »

« Des assistants éducatifs venus de la communauté circulent dans le quartier pour trouver les enfants qui ne vont pas à l’école. Ils parlent avec les mères de familles de ce qui se passe à l’école. Ils le font de manière naturelle, parce qu’ils vivent dans le quartier et qu’ils ont l’habitude de s’asseoir pour bavarder avec les mères. »

Les conditions de logement décentes

« Il y a eu un amendement à la loi qui dit maintenant qu’il est illégal de vivre dans la rue. C’est une obligation d’aller dans un centre d’hébergement, mais en réalité, il n’y a pas assez de place pour tout le monde. C’est terrible et nous n’avons pas été en mesure de changer l’avis du gouvernement… Aujourd’hui en tant que personnes sans domicile en Hongrie, on se sent menacé

  • « Quand on se trouve confronté à quelque chose de nouveau, on peut tout simplement l’inscrire sur une liste qui est visible par tous. On appelle ça ‘la carte des problèmes’. Ensuite, on s’assoit tous ensemble, on en parle, on choisit les problèmes qui sont les plus urgents et le plus souvent, on trouve une solution. Notre communauté s’est unie à travers la communication. »

L’une des conclusions sur ce sujet est que développer un sens fort de la communauté et du vivre-ensemble est une étape essentielle. Sans cela, rien ne peut se mettre en place. Ensuite, les autres membres de la société doivent découvrir les problèmes de celles et ceux qui n’ont pas accès à un logement décent. Ceux-là peuvent alors soutenir les efforts et les besoins des personnes qui affrontent ces situations, sachant que le gouvernement et les autorités ont leurs propres responsabilités à prendre.

Une autre conclusion très importante est qu’il faut développer une stratégie à la fois sur le long terme et, en complément, sur le court terme, afin que les personnes aient l’opportunité de sortir immédiatement de leur situation difficile.

A propos des stratégies

  • « Si nous voulons atteindre des objectifs communs et pour que les choses changent, nous avons besoin de la voix de ceux qui sont tout en bas de l’échelle et qui font l’expérience de ces difficultés, mais aussi de la voix de ceux de l’autre côté de la barrière. Sinon, nous resterons deux groupes séparés : eux et nous. »

« Il faut du temps pour que les gens expriment quelles sont leurs difficultés et, de toute évidence, la lenteur du processus peut être décourageante… On apprend qu’il faut rester constamment en contact avec les personnes impliquées dans le projet, avec une perspective à long terme. »

« C’est important qu’il y ait des personnes de la communauté, issus des quartiers en difficultés, dans chacune de nos activités, pour que celles et ceux qui vivent dans la pauvreté soient plus visibles. Ils peuvent aider leurs enfants à se rendre compte qu’ils sont comme les autres. »

  • « Je propose aux enfants de faire du foot et, à travers le sport, je les pousse à aller à l’école. Le travail qu’on mène dans notre quartier est très difficile, mais si on ne le fait pas, qui s’en chargera ? »

« Proposer aux enfants de faire du cirque ou du foot, c’est l’une des premières étapes, ça leur montre qu’ils ont des capacités. Mais les étapes qui suivent sont aussi difficiles : rendre les écoles plus ouvertes et plus accueillantes et l’emploi plus accessible… Toutes ces étapes pousseront les écoles, mais aussi la police, par exemple, à changer leur attitude face à la pauvreté, et c’est ce qui fera changer la société. »

Alina nous fait découvrir les pyramides humaines : quand le cirque permet de développer la confiance les uns envers les autres.

Quelques échos des conclusions

  • « Nous nous sentons tous seuls et isolés dans notre travail. Nous retrouver ensemble ici, c’est une source d’inspiration, parce que nous savons que nous ne sommes pas seuls dans notre engagement. Nous avons même trouvé des idées pour coopérer à l’avenir. »

« Nous avons vu la valeur de la persévérance, du travail ainsi que  l’importance de ne pas s’attendre à ce que tout fonctionne du premier coup. Ce n’est pas comme cela que ça se passe. »

Enfin, comme Ela, de Pologne, l’a dit : «Nous devons rester unis, même en cas de confrontation et de conflit… Il y a toujours quelqu’un, quelque part, qui nous aidera à les dépasser. »

Les organisateurs de cet atelier de rencontre ont senti combien les participants voulaient renouveler l’expérience. L’évaluation a montré que ce type de rencontre soutient les participants et leur permet d’améliorer leurs activités quotidiennes.

Pour en savoir plus :

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