A Madagascar, une bibliothèque au cœur d’un quartier pauvre de la capitale.

Partage du savoir autour des livres au coeur d’un quartier très pauvre de Tananarive

Depuis une douzaine d’années, chaque jour des bibliothèques de rue ont lieu dans ce quartier. À peine la natte est-elle posée qu’entre 30 et 80 enfants s’assoient, attendant le moment du conte. Souvent les parents passent et s’arrêtent.

Un jour, une maman réclame elle aussi des livres à l’animatrice. « Nos enfants nous posent des questions et nous ne savons pas répondre. Quand est-ce que vous nous donnerez des livres à nous aussi ? » L’animatrice revient avec quelques livres d’adultes dans son sac à dos, mais chaque semaine, le nombre des adultes exprimant le désir de consulter des livres augmente. Cette action de colportage de livres pour adultes atteindra 250 lecteurs.

Face à cet intérêt, l’idée est née d’une vraie bibliothèque au coeur du quartier. Très vite le projet devient l’affaire des habitants qui disent : « On ne dira plus « le bidonville », mais « là où il y a une bibliothèque ». » Le jour où il s’agit de couler la dalle du bâtiment, une soixantaine de personnes contribuent : familles du quartier et amis du Mouvement.

À la tombée de la nuit sont posées les fondations d’un lieu de savoir et de rencontre. Un concours est à l’origine du nom donné : « Fanovozantsoa Joseph Wresinski », « Là où on puise le bien » avec le rappel du nom du fondateur du Mouvement ATD Quart Monde pour marquer l’histoire et le lien avec le monde.

Deux jeunes mamans du quartier ont reçu une formation de bibliothécaire.

La bibliothèque est inaugurée le 17 octobre 2003 devant plusieurs milliers de personnes et de nombreux responsables politiques. Une maman explique à cette occasion : « Cela fait longtemps que le livre est entré dans notre quartier et dans notre vie. Le livre, je le vis et je vois dans ma tête tous les personnages concernés par l’histoire. Les livres font vibrer mon coeur et mon imagination. Le livre, la culture et le recul de la misère sont imbriqués car le livre apporte l’ouverture de l’esprit. Moi, je ne sais pas lire, c’est mon mari et ma fille qui lisent et me racontent. »

15 septembre 2006
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Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés.
S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré.

Joseph Wresinski