Un souffle nouveau plus fort que la misère
Lettre aux Amis du Monde n°67
Editorial
Les médias du monde entier apportent le plus souvent des nouvelles graves et alarmantes : guerres, corruption, injustices, catastrophes naturelles, des millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, des milliers sans logement et survivant en tendant la main jusque dans les rues des pays dits « riches ».
Ont-ils fait écho à la grande espérance qui s’est manifestée à travers la campagne « Refuser la misère, un chemin vers la paix » ? Ont-ils fait écho aux milliers et milliers de messages accompagnant la Déclaration de solidarité qui ont révélé une immense solidarité, une immense tendresse, une immense soif de justice ? La diversité des signataires venant de 152 pays force l’émerveillement : des jeunes en masse, des adultes, des retraités, des enfants. Et de toutes catégories sociales : paysans, enseignants, artisans, étudiants, commerçants, chômeurs, artistes, sportifs, professeurs, personnes qui ne savent pas lire et écrire – et tant d’autres.
Cette année, la célébration du 17 octobre, Journée mondiale du refus de la misère, a été célébrée avec une ampleur exceptionnelle à Paris autour de la première Dalle à l’honneur des victimes de la misère et dans de nombreux et divers autres lieux dans le monde. Qu’il se soit agi d’un événement à l’échelle mondiale ou d’un rassemblement à l’échelle d’un quartier ou d’un village, les convictions et la solidarité manifestées ce jour-là ont la même force de provoquer des changements positifs. Ce 17 octobre, les milliers de signatures et leurs commentaires ont été solennellement remis au Secrétaire général des Nations Unies et à des personnalités publiques dans plusieurs pays. Des jeunes sont allés à la rencontre d’autres jeunes à travers les Caravanes de la Solidarité. Des enfants ont partagé leurs rêves avec d’autres enfants, donnant raison à cet homme vivant à la rue à Paris : « C’est avec les enfants qu’il faut commencer à changer. Nous, demain, on ne sera plus là, mais eux feront le monde après nous. »
De tout cela, le prochain numéro de la Lettre aux amis du monde donnera le plus d’échos possibles. Prenons la mesure de ce souffle nouveau qui inspire et entraîne tant de personnes dans tant de pays. Continuons, chacun et ensemble, à être co-acteurs de ce courant mondial du refus de la misère né de la vie et de l’engagement de Joseph Wresinski – un homme qui a donné sa vie, son intelligence, sa prière pour rendre hommage aux victimes de la faim, de la misère et de violence, et avec eux transformer nos sociétés.
Huguette Redegeld Vice Présidente





