Tenir les engagements pris

Lettre aux amis du monde N°74
Tenir les engagements pris : Tel est le titre du rapport du Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, sur la mise en oeuvre des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) adoptés en 2000. Ce rapport établit des constats précis, parfois encourageants, souvent accablants, sur l’avancée des engagements pris. Il formule des propositions pour accélérer les changements attendus, concernant notamment le développement durable.
Comme en témoignent les articles de cette Lettre aux amis du monde, des correspondants du Forum permanent relèvent au quotidien le défi du développement durable. Comment éclairent-ils les constats du rapport Ban Ki-moon ?

Par exemple, le rapport met en lumière que les premières victimes des changements climatiques sont les populations vulnérables, lesquelles n’ont pourtant guère contribué à la création du problème. C’est ce que vit le peuple Ogiek au Kenya et ce contre quoi s’insurge Stephen Corry, directeur de Survival International, lorsqu’il écrit : « Les peuples indigènes qui sont les moins responsables du changement climatique, sont les plus affectés par celui-ci et leurs droits sont violés et leurs terres dévastées au nom des mesures prises pour le stopper . »
Sandra P. regarde le développement des moyens de communication à partir de son ancrage dans des communautés rurales au Nicaragua. Si le rapport Ban Ki-moon soutient que les progrès technologiques offrent l’occasion d’accélérer la réduction de la pauvreté, Sandra apporte des nuances. « Il est plus urgent que jamais, écrit-elle, d’accompagner ces changements d’une prise de conscience. Il ne suffit pas qu’une personne ou une famille sorte de la misère, qu’elle ait une vie digne ; encore faut-il créer un monde nouveau à partir des pauvres eux-mêmes. »
Le Centre d’Apprentissage Agro-écologique au Brésil s’inquiète d’ « une uniformisation de l’agriculture (qui) sera bientôt la fin de l’agriculture familiale qui préserve la santé, la qualité de vie et l’autonomie des petits agriculteurs ». Il ne fait pas que s’inquièter. Son action, en particulier avec des jeunes, illustre l’affirmation du rapport que la mise en valeur du potentiel du secteur privé débute avec l’agriculteur du village rural parce qu’il en constitue la cheville ouvrière.
C’est aussi avec des jeunes défavorisés que l’association Amis de la Terre Togo veut intégrer les volets économique, environnemental, social et humain dans ses activités. Ces jeunes, comme ceux du Brésil, « sont conscients qu’ils doivent respecter l’équilibre social et environnemental. Ils ont besoin d’être crus, valorisés et soutenus. Le soutien de leur communauté n’est pas suffisant, il faudrait un réseau plus large. »
Cette demande de soutien confirme l’un des facteurs de réussite relevés dans le rapport Ban Ki-moon : participation communautaire et renforcement des capacités d’intervention de la société civile et des communautés améliorent les chances de réussite en donnant aux individus et aux communautés la possibilité de prendre leur vie en main.
Ban Ki-moon presse la communauté internationale à accélérer radicalement le rythme des changements pour que les promesses de 2000 se traduisent par de réels progrès pour les plus pauvres de la planète.
Pour les plus pauvres ou avec les plus pauvres ?
Huguette Redegeld
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Dans ce numéro de la Lettre aux amis du monde (cliquer ci-dessous pour la télécharger), vous découvrirez des actions menées au Nicaragua, au Togo, au Kenya, au Brésil, en République démocratique du Congo, en Inde et en République centrafricaine.
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