Rassemblement international de jeunes à Bangui : une rencontre d’une portée inédite :

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Du 3 au 9 janvier, dans le cadre de l’Année internationale de la jeunesse

C’est une première en Centrafrique : du 3 au 9 janvier prochain, une cinquantaine de jeunes engagés au sein d’ATD Quart-Monde en Afrique se retrouveront à Bangui pour six jours d’échanges autour de leurs pratiques à destination des enfants.

« Le Mouvement avait déjà organisé des rencontres de jeunes en Afrique de l’Ouest mais là il s’agit d’une double première : première fois que des délégations viennent d’autres régions du continent parfois éloignées (Tanzanie, Mali), et première fois en Centrafrique, un pays enclavé et cassé par l’histoire politique récente  », explique Jean Venard, délégué d’ATD Quart-Monde pour l’Afrique.

Présent depuis 1984 en Centrafrique, le Mouvement avait dû interrompre ses activités après les troubles politiques qui ont marqué le pays ces dernières décennies. L’organisation de la rencontre internationale des jeunes est ainsi pensée comme un «  signe fort pour l’engagement du Mouvement en Centrafrique », précise Jean Venard qui y voit aussi « une occasion de fierté pour tout le pays  ». Ainsi la rencontre de Bangui est-elle, au niveau mondial, le tout premier événement de l’Année internationale de la jeunesse proclamée par l’ONU pour 2011.

« Ce doit être une rencontre profonde qui soulage le malaise des jeunes de notre pays. On doit pouvoir dire ce qui étouffe la jeunesse, ce qui parfois nous décourage, pour que ce soit un redémarrage. » Un jeune animateur de Bangui

Encourager et faire connaître l’engagement des jeunes

De quoi vont parler la cinquantaine de jeunes attendus ? Âgés de 17 à 30 ans, tous partagent un engagement au sein de la communauté pour proposer aux enfants des activités culturelles. Animant des groupes Tapori pour créer du lien avec les enfants d’autres pays ou d’autres communautés locales, ou des bibliothèques de rue, leur action touche dans chaque pays d’Afrique des centaines voire des milliers d’enfants souvent privés du droit le plus élémentaire : l’éducation. La rencontre avec d’autres jeunes bénévoles, comme eux, a plusieurs objectifs. D’abord partager leur expérience, ce qui leur permettra d’échanger leurs pratiques de terrain et de découvrir, par exemple, d’autres techniques d’animation possibles. Ensuite leur redonner de la motivation dans des pays où l’engagement bénévole est souvent mal perçu ou compris – ainsi Jean Venard explique-t-il qu’« il est plus dur d’être un jeune engagé en Afrique : cela semble un luxe de s’occuper des autres alors que son propre avenir n’est pas assuré  ». Et enfin mettre en lumière cet engagement des jeunes pour casser le cliché, tenace dans et hors l’Afrique, d’une jeunesse passive, voire destructrice.

«  Les échanges pourraient nous donner le courage de nous perfectionner dans nos activités. Je peux me décourager parfois, mais l’expérience des autres m’encourage.  » Un jeune animateur de Bangui

ATD Quart Monde en Centrafrique, une action pour la culture et la paix

Avec une vingtaine de jeunes engagés de façon régulière, les équipes d’ATD Quart Monde en Centrafrique sont présentes aujourd’hui dans trois quartiers défavorisés de Bangui et deux villages proches. En tout, près de 500 enfants sont concernés par l’action du Mouvement dans le pays. Dans le quartier de Kokoro Boeing, la bibliothèque de marché, propose tous les samedis aux enfants d’écouter des contes, de chanter, de découvrir un livre.. Pour des enfants dont beaucoup effectueront leur scolarité sans avoir un livre en main, ces moments sont l’occasion d’apprendre autrement, de façon ludique et collective. « Souvent c’est aussi un support de mobilisation, et même un facteur d’unité pour l’ensemble du quartier qui brasse des populations très différentes, estime Jean Venard. Les parents se disent : si nos enfants jouent ensemble, pourquoi ne pourrions-nous pas vivre ensemble. » Ce souci d’aller vers l’autre est aussi à la base des groupes Tapori animés dans le quartier de Fatima ou au village voisin de Koula Mandja : en découvrant la vie des enfants d’autres pays et en témoignant de leur propre vie, les enfants apprennent à dépasser les barrières ethniques ou religieuses trop souvent dressées.

« Dans mon quartier, on réunit les enfants de différentes ethnies, religions et milieux. Maintenant les parents eux-mêmes réfléchissent. Ils voient que leurs enfants se mettent ensemble, et se disent que, eux aussi, ils peuvent être ensemble. » Une jeune animatrice de Bangui

Aider l’action d’ATD Quart-Monde en Centrafrique et sur tout le continent

La venue d’une cinquantaine de jeunes du continent africain à Bangui a un coût : près de 20 000 euros, essentiellement pour payer le transport. Une somme importante, mais finalement bien modeste comparée aux frais engagées par exemple dans la communication d’organisations internationales ou d’entreprises… En permettant à ces jeunes investis au service de la communauté malgré leurs propres difficultés matérielles, d’améliorer leurs connaissances et leurs actions au bénéfice des enfants, les soutiens d’ATD Quart-Monde permettront à des milliers d’enfants à travers le continent d’accéder plus aisément à une culture et à une éducation dont trop encore sont privés.

« S’il est couramment admis que des sportifs, des diplomates, des hommes d’affaires de pays riches voyagent, pourquoi n’en serait-il pas ainsi de jeunes dont l’engagement bénévole force le respect ? Cette rencontre produira des engagements humains, déterminante dans un monde où il est maintenant avéré que l’argent et le succès individuel sont de bien mauvais guides. » Jean Venard, délégué d’ATD Quart-Monde pour l’Afrique
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Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés.
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Joseph Wresinski

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