Plus de représentants issus du terrain nécessaires dans les rencontres des instances des Droits de l’Homme aux Nations Unies

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Une interview de D’ange Rambelo

Pourquoi êtes-vous allé au Forum social du Conseil des Droits de l’Homme à Genève du 31 août au 2 septembre 2009 ?

ATD Quart Monde s’efforce toujours d’envoyer dans ces conférences des personnes qui ont une réelle expérience de terrain. C’est mon cas, je suis malgache et j’ai participé jusqu’à l’an dernier au travail de notre équipe de volontaires permanents à Tananarive.
J’ai pu expliquer ce que nous constatons : les personnes qui vivent dans la grande pauvreté sont le plus souvent exclues, ignorées des programmes d’action, de l’ONU et des institutions internationales parce qu’elles sont très enfoncées dans la misère. Elles ne sont pas entendues ni rencontrées.
ATD Quart Monde est impliqué dans de multiples domaines : santé, logement, régularisation de papiers administratifs, accès au travail et à la formation. C’est beaucoup, et les ONG sont là pour aider ceux qui vivent vraiment dans la pauvreté. Mais elles ne doivent pas prendre le rôle de l’Etat et des institutions internationales. Et les financements manquent pour les ONG ! Par exemple notre action santé, menée avec d’autres partenaires est arrêtée faute d’argent, et notre projet Travailler et Apprendre Ensemble aussi a besoin d’argent pour qu’on puisse recruter des nouveaux bénéficiaires.
Il faut aussi un rééquilibrage des pouvoirs entre la société civile qui est à proximité des gens et favorise leur participation, et le gouvernement qui fait ses programmes. Beaucoup d’argent va au gouvernement et très peu aux ONG et à la société civile.

Qu’avez vous pensé de cette conférence ?

Dans cette conférence, il y avait beaucoup de personnes de haut niveau intellectuel, mais pas assez de personnes qui sont sur le terrain, qui puissent parler avec les spécialistes !
Après mon intervention il y a eu un débat beaucoup plus riche et plusieurs participants sont venus me voir pour me dire leur intérêt pour ce que j’ai dit. Cela a créé un dynamisme dans la conférence et ça a aidé au moins un autre participant qui était aussi sur le terrain à s’exprimer pour dire les points similaires entre nous deux.

Et pour l’avenir ?

Un dialogue entre les personnes sur le terrain et les instances internationales serait une bonne piste pour améliorer la situation sur le terrain : pourquoi pas un atelier où 50 % des participants viendraient du terrain ?
Nous avons aussi demandé que le Conseil des Droits de l’Homme avance rapidement pour réviser le projet de principes directeurs sur l’extrême pauvreté et les Droits de l’Homme, car les personnes que nous connaissons à Tananarive attendent depuis trop longtemps que leur situation s’améliore vraiment.

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Là où se prépare l’avenir d’une nation ou d’une communauté internationale, il importe que le Quart Monde soit partie prenante. S’il ne l’est pas aujourd’hui au temps des projets, il ne le sera pas demain au temps des changements.

Joseph Wresinski

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