La chanteuse Jane Birkin en Haïti

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Du 4 au 9 avril Jane Birkin a rejoint l’équipe d’ATD Quart Monde en Haïti, avec une petite équipe. Elle s’est proposée pour venir, à ses frais, à la rencontre des familles marquées par le séisme en leur apportant quelques notes d’espoir au travers de concerts et rencontres musicales.

Le programme était bien chargé :

  • visite dans un quartier où est engagée l’équipe d’ATD Quart Monde
  • concert dans le quartier de Grande Ravine
  • rencontre et chant avec des artistes haïtiens
  • visite à l’hôpital général
  • bibliothèque au camp de familles sinistrées
  • rencontre avec la presse.

A la suite de cette rencontre elle a participé à la conférence publique « Haiti, et demain ? » organisée le 9 avril en partenariat avec Radio France. Voici quelques extraits de sa prise de parole :

" Pour moi c’était une énorme surprise de voir un tel chaos, comme des villes que j’ai vues après une guerre.(…) Ce que j’ai constaté, c’est le désarroi des personnes qui se démerdent de façon absolument remarquable par leur propres convictions ; les personnes en effet sur ces petites collines qui ne veulent pas descendre, parce quelles ont trop peur de se trouver – et on les comprend – sur le Champ de Mars. Parce que sur le Champ de Mars, c’est un peu comme notre Canal St-Martin, avec des abris en plastic, des petites tentes en plastic qui font état de maisons, (…)

J’étais très fière d’être avec ATD Quart Monde, parce que je les découvrais dans toute leur force. (…) Ils ont pu faire avec moi un programme insensé où on a pu aller dans les camps, on a pu aller dans les collines, rencontrer des gens qui ne voulaient normalement pas descendre, faire un mini-concert. C’était vraiment pour la fraternité que je voulais le faire très modestement, parce qu’on était avec des chanteurs haïtiens . Une dame m’a dit que pendant une heure, c’était la première fois depuis le séisme qu’elle a connu la tranquillité.

Donc rien que pour cela ,pour moi, cela valait le coup d’y aller, et aussi parce que je suis blanche, arrivant de France (…) j’étais la preuve vivante qu’on ne s’en fout pas, qu’on ne les a pas oubliés. Et c’est seulement quand on arrive en chair et en os en disant, « on vous aime, on pense à vous en France », que finalement on porte ce message physiquement.

(…) J’ai pu visiter l’hôpital général, avec des enfants sous oxygène qui ne vont pas survivre à cause de la poussière, de tout cet univers mort. J’ai rencontré des grand-mères dont une dame de 101 ans. J’ai pu aller dans toutes les tentes, ils ont dit « c’est une chanteuse », alors ils ont dit « ah bon, et bien si vous êtes une chanteuse, chantez nous quelque chose, » et me voilà entrain de chanter Di dou di dou da avec toutes ces vieilles dames ! C’était pour moi ça, la récompense de toutes les années d’avoir été (…) un chanteur : c’était de me trouver dans ces tentes avec ces vieilles dames, ces mères courageuses, ces pères courageux et ces grand-mères incroyables. Ce serait vraiment génial si la France pouvait reconstruire l’hôpital général !

(…)Des choses qu’eux peuvent nous donner, c’est de quelle façon nous avons peut-être perdu la fraternité. De quelle manière, nous avons peut-être oublié d’être voisins ou voisines, de quelle manière on a peut-être oublié ce que c’est qu’une solidarité communautaire. Ca, ils m’ont appris.

(…)Je les remercie infiniment parce que cela m’a permis d’avoir une leçon de plus de la grande gentillesse des gens. Quand ils vous voient, ils disent « A demain », puis « si Dieu le veut ». A chaque personne que nous avons rencontrée nous a remercié d’être venus. Chaque personne nous a embrassé les joues, la main. Il y avait une telle tendresse envers nous. C’était plutôt une leçon que moi j’ai apprise par eux(…)

(…)Je voudrais remercier les personnes sur place c’est-à-dire Jacqueline, qui en fait vient de la Guadeloupe, son mari David, j’aimerais remercier évidemment les personnes qui sont venu es avec moi : là-bas il y avait Dady, Billy, Vlady, et (…) Dimas : il était incroyable, ce garçon. Il a décidé d’être un travailleur pour ATD Quart Monde quand il avait 5 ans, parce qu’il trouvait que l’extrême pauvreté dans son pays, le Guatemala, était si frappante, qu’on disait qu’un homme était paresseux parce qu’on ne le voyait jamais travailler. En fait, il avait 3 jobs pour pouvoir joindre les 2 bouts.

(…) Je vais chanter la Javanaise pour eux alors, et pour toutes les personnes qui nous écoutent là-bas en Haïti, et qu’on n’a pas pu voir en 5 jours."

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Joseph Wresinski

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