Nous sommes des pairs
Extrait de la Lettre aux Amis du Monde n° 62
ÉDITORIAL
Comment éliminer la grande pauvreté sans d’abord et avant tout reconnaître ceux qui la vivent comme nos pairs ? Se reconnaît au trop-plein de souffrances engendrées par la misère et qui s’amplifient lors de catastrophes naturelles comme le tsunami. C’est comprendre la force et la grandeur des gestes quotidiens comme celui de Fabio qui, dans l’enfer de la canne à sucre, à la fois fait vivre sa famille et s’efforce d’étudier. C’est s’engager pour que ces gestes méconnus deviennent fers de lance dans la construction d’un monde fraternel et juste.
« On continue à se sentir très petits devant cette immense pauvreté » constate humblement Gertrude en République Démocratique du Congo. « Nous croyons en la capacité du pauvre comme agent d’une vie nouvelle » affirmait le fondateur de l’Organizacion San Vicente en Uruguay.
Le père Joseph Wresinski s’adressant aux volontaires permanents d’ATD Quart Monde leur disait : « … [Être volontaire] n’est pas simplement être à la merci des plus pauvres pour apprendre d’eux, parfois avec beaucoup d’étonnement…, cela veut dire que nous en avons fait nos frères et nos soeurs. Leurs enfants sont nos enfants. »
Là se situe la différence entre soulager la misère et bâtir nos sociétés à partir de ceux qui en sont exclus.
HUGUETTE REDEGELD VICE PRESIDENTE





