Ne sommes-nous pas des humains ?

imprimer envoyer a un ami
Partager, Share, Compartir

16 octobre à Cité Lumière (Bangui) pour la Journée mondiale du refus de la misère

C’est cette question que le chef de l’île Mbongosoa a lancé au monde, lors de la rencontre qui marquait sur cette île, samedi 16 octobre, la journée mondiale du refus de la misère.

De la trentaine de membres et sympathisants d’ATD Quart Monde venus vivre la journée aux côtés de la population de l’île, la plupart n’y était jamais venu auparavant.

De très ambitieux projets immobiliers sont prévus sur cette île, et les habitants sont en voie de devoir quitter ce lieu où la plupart d’entre eux sont nés.

Permettre à leurs enfants d’apprendre est un des grands soucis des habitants de l’île. Outre les apprentissages transmis en famille, ils veulent que leurs enfants puissent aller à l’école. « Les enfants de ceux qui nous refusent la possibilité d’avoir une école ici vont dans de bons établissements. Et nous, nos enfants doivent souffrir. Ne sommes-nous pas des humains ? »

C’est pour soutenir cette aspiration des parents que les amis d’ATD Quart Monde ont imaginé une journée d’animation avec les enfants. Après le récit de l’histoire de Fon, fillette de Thaïlande qui soutient sa famille par la vente de colliers de fleurs, les enfants ont pu réaliser des fleurs de papier. Les enfants brandissent leur fleur en papier

Aidés par les animateurs, ils ont fait part de leurs réflexions en répondant aux questions suivantes : qu’est-ce que j’aime apprendre ? Qui est-ce qui m’aide à apprendre ? Qu’est-ce que je sais et que j’aimerais partager à d’autres ? Hebert anime

Leurs réponses sont venues remplir le « Grand Livre » intitulé « Amolêngê ti Cité Lumière a tene… » (c’est à dire « les enfants de Cité Lumière vous disent… »), décoré par les dessins réalisés par les plus petits.

On peut y lire : « J’aime beaucoup apprendre près de mon frère. Malgré qu’il n’a pas mis pied à l’école, il m’apprend à lire. Quand il part à la pêche, c’est grâce à son appui que je me débrouille seul et je suis content de lui  ». (Moïse)

« Ma mère me donne des sous pour soutenir mon école. Malgré son tout petit commerce, elle ne me laisse pas. Je suis fière de dire que même si elle ne me donne pas d’argent, je pars à l’école pour guérir ma famille demain ». (Grâce)

«  Grâce à mon père, j’ai appris à pêcher, à vendre du poisson et à bien protéger mon filet ». (David)

« J’aime beaucoup ma mère parce qu’elle m’apprend à bien faire la cuisine et le respect envers les autres ». (Cinthia)

Plusieurs des jeunes venus soutenir cette animation sont habituellement engagés dans des actions de partage du savoir auprès des enfants de leurs propres communautés. Au nom de tous, trois d’entre eux en ont témoigné publiquement : Kevin

« Sommes-nous, en ce monde, quelqu’un pour les autres ? Parmi nous, tout le monde n’est pas fort. Si nous tournons le dos à ceux qui sont faibles, est-ce qu’ils peuvent avancer sans nous ? Mêmes les riches ont besoin des pauvres. Si le paysan ne cultive pas la terre, le riche n’a rien à manger. Chacun peut contribuer à sa manière. Ceux qui sont riches, avant d’être riches, ils ont été soutenus par quelqu’un. Ceux qui réussissent à l’école, ils ont bénéficié à l’école du soutien de quelqu’un. Nous devons et nous sommes condamnés à nous soutenir. Sans cela rien n’est possible. Si nous pouvons mettre ça en pratique dans notre quartier, notre église ou notre communauté, ça va changer les choses. »

Dans la suite de cette journée, une bibliothèque Tapori va commencer sur l’île, une fois par semaine. Pour l’animer, des jeunes déjà engagés avec ATD Quart Monde rejoindront certains jeunes de l’île.

photo

Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés.
S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré.

Joseph Wresinski

logo facebook