Nations Unies - Haut Commissariat aux droits de l’homme à Genève (Suisse). Encore un pas vers l’adoption de principes directeurs pour la lutte contre la misère

Avec les Nations Unies (ONU)
- "Les enfants Tapori font vivre la Convention internationale des droits de l’enfant"
- Le Conseil des droits de l’Homme adopte la résolution sur le Projet de principes directeurs sur l’extrême pauvreté et les droits de l’Homme
- 61e Conférence annuelle Département de l’information de l’ONU / ONG
José Bengoa, co-auteur du projet de principes directeurs sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme, a expliqué le long combat encore i achevé pour la mise en œuvre des droits de l’homme dans le monde. Progressivement, les femmes, les enfants, les populations autochtones ont obtenu que des textes internationaux protègent leur accès aux droits de l’homme. A la demande du Père Joseph Wresinski et grâce à sa vision prophétique, les instances des droits de l’homme des Nations unies ont fait le lien entre l’extrême pauvreté et droits de l’homme. C’est ainsi qu’aujourd’hui, nous pouvons parler d’un instrument solide qui établit un élan et un cadre pour la lutte contre l’extrême pauvreté basée sur les droits de l’homme
Plusieurs personnes en situation de pauvreté ont pu s’exprimer :
Bernard Mourgeon, membre du Mouvement ATD Quart Monde à Lyon (France) a déclaré : « Je me bats pour que ce que j’ai vécu n’arrive pas à d’autres. Un projet de principes directeurs sur les droits de l’homme et l’extrême pauvreté m’intéresse si c’est un texte de combat contre la misère, pour que les personnes vivant dans la grande pauvreté aient un accès effectif aux droits de l’homme. Par exemple l’article 18 dit que : « L’Etat doit tout spécialement veiller à la protection des groupes vulnérables de la population, entre autres les sans-logis, les enfants de la rue, les handicapés et les personnes âgées, qui sont les plus touchées par l’extrême pauvreté. »Pour les sans-logis, les enfants vivant dans la rue, l’Etat ne doit pas se limiter à les protéger. Il faut qu’il les aide pour que leur situation disparaisse, qu’il mène un combat pour qu’il n’y ait plus jamais de personnes sans logement ou d’enfants qui vivent dans la rue. »
Silvia Velasco, membre du Mouvement ATD Quart Monde à Cusco (Pérou) a demandé aux représentants des États :« Nous espérons que vous et vos États, adopterez, ces projets de principes directeurs pour que les droits de l’homme soient réellement respectés pour tous et par tous. », puis elle a cité un des participants de la consultation de Cusco : « Ces consultations sont un moment significatif parce que nous avons planté une graine dans la terre pour qu’à l’avenir, nos enfants ne vivent pas dans la même misère que nous et pour qu’ils récoltent les fruits de cette graine, car ils sont l’avenir du monde. »
Eugen Brand, Délégué général d’ATD Quart Monde, a insisté pour l’on distingue bien la pauvreté de l’extrême pauvreté, d’une façon dynamique et sans opposer les deux notions, car selon la conjoncture les niveaux de pauvreté et d’extrême pauvreté varient. Si l’on élabore seulement des politiques de lutte contre la pauvreté générale ou bien des politiques visant à protéger telle ou telle catégorie de population, nous craignons, et nous l’avons vérifié de nombreuses fois, que le noyau dur de l’extrême pauvreté ne soit pas atteint par ces politiques. Si la communauté internationale et les États sont capables de créer des politiques globales et cohérentes de lutte contre l’extrême pauvreté, elles protégeront également les populations en risque de tomber dans l’extrême pauvreté lorsque des crises apparaissent.

Un large consensus s’est dégagé entre les représentants des États pour :
- que le texte final des principes directeurs soit centré sur l’extrême pauvreté qui concerne tous les pays du monde ;
- que le processus de consultation qui a eu lieu jusqu’à maintenant se poursuive jusqu’à la rédaction finale (et donc permette la participation des ONG au sein desquelles les personnes vivant dans l’extrême pauvreté s’expriment) ;
- qu’il rappelle les normes internationales existantes et les décline en recommandations opérationnelles aux États et aux différents acteurs ;
- que le Conseil des droits de l’homme mandate l’experte indépendante sur l’extrême pauvreté, Magdalena Sepulveda, pour rédiger le texte final qui sera ensuite soumis au vote du Conseil des droits de l’homme sous une forme à définir.
Magdalena Sepulveda a déclaré que le processus d’élaboration du texte remontait à 1987 et qu’il avait obtenu le soutien de nombreux États, de l’ancienne Commission des droits de l’homme, de l’ancienne Sous-commission des droits de l’homme, de l’actuel Conseil des droits de l’homme. Il est soutenu depuis l’origine par des ONG et tout un mouvement social. De nombreuses consultations ont permis d’associer des personnes vivant dans la pauvreté et l’extrême pauvreté à son élaboration dans six régions du monde. De ce fait, il a une vraie légitimité et constituera un instrument puissant pour rappeler aux États, à la communauté internationale et à l’ensemble des acteurs, leurs obligations en ce qui concerne la lutte contre l’extrême pauvreté et l’exclusion sociale à un moment où la crise financière menace et aggrave la vie de millions de personnes






