Lutter dans la durée

Editorial de Hans-Peter Furrer Président d’ATD Quart Monde Suisse dans le rapport annuel 2010
Suisse
- Stratégie globale de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale : une avancée majeure et une stratégie à améliorer avec les personnes vivant cette situation
- Lutter ensemble contre la pauvreté et l’exclusion sociale : les personnes en situation de pauvreté se préparent à la Conférence nationale du 9 novembre
- "Information Quart Monde" a changé de look !
- "World Café" pour permettre la participation de tous.
- 17 octobre 2009 à Fribourg
- 17 octobre à Genève
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2010, l’Année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, nous a beaucoup apporté : une Conférence nationale sur la pauvreté a eu lieu en novembre, le Conseil fédéral a présenté en mars une Stratégie globale de la Suisse en matière de lutte contre la pauvreté. Nous avions demandé les deux et nous nous sommes engagés pour les deux avec nos contributions et notre participation active. Cela nous a valu beaucoup de reconnaissance. Il sera difficile à l’avenir de mener un dialogue social dans notre pays sans nous. Par « nous » - j’entends notre Mouvement ATD Quart Monde et nombre de ses membres vivant dans la précarité qui, engagés et courageux, n’ont pas eu peur de s’exposer en public, mais aussi plusieurs volontaires, alliés et amis. Ils se sont appuyés sur des débats approfondis lors de nos Universités populaires, et ils ont pu compter sur la coopération avec d’autres groupes partageant nos objectifs.
Qu’est-ce que nous avons obtenu ?
Trois choses : la préoccupation de la pauvreté
en Suisse est dorénavant inscrite et marquée
sur l’agenda politique. Personne ne peut plus
ignorer les raisons pour lesquelles il n’est pas
facile de surmonter la pauvreté de manière
substantielle et durable, à savoir l’épineuse
coordination entre les autorités compétentes
(Confédération, Cantons et Communes)
et la contribution peu efficace du secteur
économique. Il est maintenant reconnu que
la pauvreté est un processus tout au long de
la vie des personnes concernées. Et qu’en
conséquence, les risques menaçant très tôt les
enfants et la nécessaire cohésion des familles
doivent être pris en considération autant que
l’accompagnement actif des jeunes lors de leur
transition vers la formation professionnelle et
dans le monde du travail.
Mais il manque encore beaucoup ! Il n’y a
toujours pas de véritable stratégie pour vaincre
la pauvreté, mais seulement des engagements
pour des mesures spécifiques dépendant
de plusieurs conditions. Il manque aussi des
objectifs précis et mesurables. Le contrôle
de leur mise en oeuvre, ce que l’on appelle le
« monitoring », aura donc une importance
décisive. Dans deux ans, une rencontre sur le
plan suisse devra permettre de faire le bilan.
Nous devrons être de nouveau activement
présents, et nous devons nous y préparer
à temps. Car, il ne devrait plus être admis à
l’avenir de débattre et de prendre des décisions
en matière de lutte contre la pauvreté, sans
permettre aux personnes touchées par la
pauvreté, notamment aux familles avec leurs
enfants et aux jeunes, de faire entendre leurs
voix et surtout de les écouter.





