Les pauvres et les riches main dans la main

Article de RV Honla paru dans L’observateur Paalga N° 7741 du 21 octobre 2010
Agir Tous pour la Dignité, tel est le sigle de ce mouvement qui est présent au Faso depuis trois décennies. ATD Quart monde a commencé à mener ses activités d’abord auprès des femmes internées du Centre Delwendé, ensuite les enfants de la rue. Aujourd’hui, fort de son expérience sur le terrain, ATD Quart Monde accueille et oriente de nombreux amis en situation précaire dans son centre baptisé Cour au cent Métiers.
En gravant en lettres capitale le message de la Journée de refus de la misère, le 17 octobre 1987 à Paris, Joseph Wresinski, fondateur du mouvement ATD Quart Monde, venait d’attirer le regard de la communauté internationale sur les nombreuses personnes défavorisées qui souffrent sur la planète. « Là où de hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés, S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré. » Telles sont les phrases qui sont gravées dans le marbre du Parvis des Libertés et des Droits de l’Homme à Paris.
C’est ainsi que le vieux André, qui gagne sa pitance quotidienne en ramassant les sachets usés dans la capitale est monté sur la Dalle africaine de Manéga afin de lancer son appel. « C’est un jour où nous devons nous unir et nous demander : depuis le dernier 17 octobre, qu’est-ce que j’ai eu à faire d’important et qu’est-ce que je peux faire jusqu’au prochain 17 octobre ? » Plusieurs témoignages ont été faits ce jour-là devant plus de trois cents personnes issues de toutes les couches sociale et venues des différentes régions du pays. En présence de Maître Titinga Pacéré les amis de l’ATD Quart Monde, conduits par leur délégué, Guillaume Charvon, ont dit leur désir de voir ce monde plus unifié, animé d’un esprit transcendant les différences et les exclusions. « L’intelligence de tous est nécessaire pour bâtir un monde juste » a dit Guillaume Charvon, qui rêve de voir un Burkina où les plus pauvres côtoieraient les plus riches. Le témoignage de Sylvie Compaoré (fille du vieux André) a été reçu par les amis du mouvement avec un grand intérêt : « Aujourd’hui c’est l’argent qui compte. Les gens ne considèrent pas les pauvres. Si tu n’as pas d’argent, on ne te voit même pas. Il faut considérer les pauvres comme des gens. Mon père est pauvre, mais il veut qu’on le respecte. C’est en respectant quelqu’un que tout va être bien » affirme-t-elle. Aujourd’hui en classe de seconde, elle se débrouille grâce à son courage et à la volonté de son père.
Une célébration qui aura connu un succès sans précédant au regard de l’importante participation, des témoignages, des rencontres d’échanges et du repas communautaire organisé à cet effet et qui fut animé par les troupes du musée de Manéga. Une visite guidée hautement constructive a mis fin au périple.
Sur le Web
…échos de récits rapportés et de réflexions échangées lors du séminaire organisé en Juin 2003 au Burkina Faso "s’unir à la famille de l’enfant qui vit à la rue".
Revue quart monde n° 189
http://www.editionsquartmonde.org/live/detail_produit.php?parm_produit=413&parm_cat=52-RQM




