Les Objectifs du Millénaire pour le Développement évalués par les personnes vivant dans l’extrême pauvreté

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Un projet participatif lancé par ATD Quart Monde pour garantir que les personnes les plus concernées puissent contribuer à l’élaboration des objectifs de développement pour l’après 2015.

 

Les plus vulnérables, encore oubliés
En 2011, le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki Moon, a averti que les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) n’avaient pas profité aux personnes les plus vulnérables. Dans le cadre du processus d’évaluation du programme des OMD, les Nations Unies ont invité des organisations de la société civile à partager des bonnes pratiques qui permettraient que les programmes de développement bénéficient enfin aux personnes les plus affectées par la pauvreté. Cette demande a amené ATD Quart Monde à lancer – en partie avec l’aide d’un financement accordé par la Fondation Charles Léopold Mayer – son propre programme de recherche participative afin d’évaluer les OMDs. Ce programme vise à garantir que les personnes vivant dans l’extrême pauvreté puissent contribuer, par leur connaissance et leur expérience, à l’évaluation et la définition des politiques et programmes de développement.

Écouter la parole des personnes et groupes en situation d’extrême pauvreté
Pour comprendre les défaillances des OMD, il est essentiel d’écouter ceux qui en ont le moins profité. Ce sont eux qui voient le mieux les problèmes quotidiens créés par des programmes de développement inadaptés ou inexistants. Ce sont eux également qui peuvent dire l’ampleur des changements nécessaires pour que ces programmes bénéficient à tous, et ne se contentent pas d’améliorer la situation des uns en appauvrissant les autres. C’est pourquoi notre Programme d’Évaluation des Objectifs du Millénaire pour le Développement utilisera la méthodologie du Croisement des savoirs, qui permet une participation réelle de tous, en créant un espace d’égalité et de liberté, où les personnes vivant dans la grande pauvreté peuvent non seulement dialoguer avec d’autres experts du développement, mais aussi jouer un rôle central dans l’analyse des fruits de ces discussions.

Une analyse globale
Onze pays, où ATD Quart Monde a des équipes de volontaires permanents, participent à ce projet et représentent une grande diversité géographique, économique et culturelle. Il s’agit de la Belgique et la Pologne, la Bolivie, le Brésil, le Burkina Faso, le Guatemala, Haiti, Madagascar, l’île Maurice, les Philippines, le Pérou. Des délégations d’une dizaine d’autres pays seront associées. La présence délibérée de deux pays occidentaux industrialisés, la Belgique et la Pologne, rappelle que la pauvreté chronique existe partout dans le monde, et pas uniquement dans les pays “en développement” ciblés par les OMDs.

Des propositions pour l’après 2015
L’évaluation des OMD et l’élaboration de propositions se font généralement en trois étapes :

  • Les équipes d’ATD Quart Monde ont mis en place, avec les personnes en situation de pauvreté, des rencontres hebdomadaires ou mensuelles, fondées sur une confiance mutuelle construite au fil des années. Ensemble, ces acteurs de terrain apprennent à prendre la parole et construisent un savoir collectif. Ils évaluent l’impact des politiques sur leurs vies quotidiennes, et esquissent des propositions pour mieux répondre aux problèmes soulevés.
  • Des universitaires et des professionnels se rencontrent pour se préparer ensemble à un travail avec les personnes en situation de pauvreté, qui demande écoute et humilité.
  • Les deux groupes se rencontrent, dans des séminaires ou des journées d’étude, pour partager leurs réflexions et construire des propositions communes. (Voir le ’Calendrier des évènements’)
    Ces propositions seront partagées avec les instances des Nations Unies concernées, avec les partenaires d’ATD Quart Monde de la campagne Beyond 2015, et avec d’autres partenaires, comme Social Watch.
    Elles seront aussi partagées, grâce à des outils comme cette newletter, avec tous ceux qui s’engagent pour garantir que le prochain ensemble d’objectifs pour le développement ne soit pas décidé sans la participation des plus pauvres.