Découvrez-nous
>
Que faisons-nous ?
>
Informer mobiliser les citoyens, la société civile, les autorités et les institutions.
>
Mémoire des caravanes européennes de la fraternité
>
Articles qui racontent nos étapes dans chaque ville
La caravane est passée au festival d’été de Camberwell, à Londres !

"Vous avez de la place dans votre valise ?"
Ainsi s’exprimèrent les résidents de Sceaux Gardens à Camberwell Green à Londres - Sud, quand ils ont accueilli la caravane pendant le festival annuel d’été en août dernier. Le festival d’été est un projet qui fait partie de la vie des habitants du quartier qui s’est créé à partir de la Bibliothèque de Rue organisée par ATD depuis trois ans. La caravane est arrivée pour participer aux nombreuses activités du festival (danse, djembé, dessin, numéro de cirque pour n’en citer que quelques uns) et pour partager les idées et les activités qu’ils ont apporté du continent Européen.

La caravane est entrée dans le festival petit à petit. Comme une maison qui se construit pas à pas. Au début il semblait que peu de monde les avait remarqués. Pour nous - l’équipe d’accueil - c’était un moment de confusion : remplis de nos attentes d’une construction flamboyante et instantanée, et rattrapés par la réalité de personnes qui voyagent avec leurs visages épuisés, les traits tirés et un air perdu qui était difficile à comprendre. Et pendant quelques instants il nous a semblé que les habitants de Sceaux Gardens resteraient d’un côté du terrain et la caravane de l’autre, sans que les habitants ni les visiteurs ne veuillent ou ne sachent comment traverser les barrières culturelles et linguistiques qui les séparaient.

Mais un jour, tu passes à côté de l’endroit où il y avait auparavant uniquement des étendues non bâties et soudain tu te rends compte qu’il y a maintenant une grande et belle maison. Tu te demandes quand est-ce qu’elle a été construite, parce que tu ne t’en ai pas rendu compte et parce que sa présence au milieu des paysages est d’une telle évidence que l’on dirait qu’elle a toujours été la.

C’est de cette manière que les fondations posées discrètement ont grandies jusqu’au moment où, un beau jour, je me suis retournée et partout où mon regard pouvait se poser j’ai vu des gens jouer, rigoler et partager la compagnie et la discussion des uns et des autres tout en faisant des belles choses ensemble. Je ne pouvais pas voir où se terminait la présence des habitants et où commençait celle des caravaniers et c’est seulement en me forçant que j’ai pu entendre quelques mots de français ou quelques exclamations en polonais portés par la brise.

Des voisins qui ont habité les uns à côté des autres pendant vingt ans ont enfin trouvé le courage et le temps de vraiment se rencontrer, des gens qui ont été des amis et qui se sont fâchés ont tenté d’explorer la possibilité d’un futur, et je connais au moins une famille qui a franchit le pas, avec énormément de courage, de se joindre à la vie du quartier. Partout régnait le langage universel du rire, de la musique et le battement des pieds qui dansaient et sautillaient…

Lors de la dernière journée du festival il y avait beaucoup de tristesse et un goût amer de finalité, quand nous nous sommes tous rendu compte que la caravane allait repartir et n’allait pas revenir. La question que l’on a entendue le plus alors que la journée touchait à sa fin était "Est-ce qu’on peut venir avec vous ?" C’était pour moi une indication qui signifiait que la caravane n’avait pas seulement apporté beaucoup de gaieté et de rire, mais qu’elle avait aussi provoqué le désir chez les gens d’aller découvrir d’autres endroits, de rencontrer des nouvelles personnes et de changer leurs vies de tous les jours.

Je fais partie des heureux élus, car en effet quand la caravane a quitté Londres je suis partie avec eux. Je fais partie maintenant de cette caravane et je me sens tellement à la maison qu’il m’est difficile de croire que je n’ai jamais été ailleurs. J’écris ça de Pologne où tous les jours nous rencontrons des personnes qui ont une vie très différente des habitants de Sceaux Gardens, mais je trouve quand même des points communs ; les personnes que j’ai rencontré en Pologne veulent aussi passer du temps avec nous et avec les gens qui les entourent en faisant des activités qui les lient avec le reste de l’Europe ; eux aussi ressentent du bonheur et rigolent quand ils rencontrent des nouvelles personnes ou quand il reconstruisent des liens avec des personnes qu’ils connaissent déjà ; eux aussi portent un regard plus positif sur eux-mêmes en nous voyant remarquer leurs forces et en nous voyant voulant tellement être avec eux ; eux aussi nous demandent s’ils peuvent venir avec nous pour voyager vers l’inconnu.
La caravane a ses soucis et se pose énormément de questions ; parfois on lutte pour trouver le vrai sens de ce projet et on se demande sans cesse quelle est notre priorité ? De rencontrer les gens ? De toucher seulement les plus démunis ? De rassembler des témoignages ? De faire la publicité des « Déclarations de solidarité » ? Et à quel point devons nous être flexibles et ajuster nos buts aux attentes des équipes qui nous accueillent ?
Selon moi, ces questions peuvent facilement trouver une réponse si je pense aux habitants de Sceaux Gardens. Parmi les gens que l’on rencontre, certains nous racontent leurs expériences et nous les enregistrons pour les partager avec d’autres, certains nous donnent de leurs temps, d’autres vont entendre l’écho de leurs propres vies dans la campagne ou dans la déclaration de solidarité, ou seront inspirés pour créer quelque chose que le monde verra le 17 octobre.
La caravane a incité d’autres personnes à essayer de venir par leurs propres moyens à Paris et à venir à nos côtés au Trocadéro. Certaines personnes ont seulement le temps ou l’énergie de nous saluer et de sourire. Tous sont précieux. Nous ne pouvons pas toujours construire une grande et belle maison, mais nous pouvons ensemble poser les premières pierres et se donner une base sur laquelle bâtir. A partir de ce début silencieux et paisible il existe peut-être une maison pour nous tous.
Charlotte
N’oubliez pas que le plus important pour nous est l’échange et la transmission alors n’hésitez pas à nous envoyer vos commentaires, suggestions, remarques ou questions à l’adresse suivante : caravanes2@atd-quartmonde.org
Merci et à bientôt !





