La Caravane 1 à Marseille : dans le vent de l’histoire

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« Le 17 octobre 2001, Marseille et les Marseillais se sont engagés à ce que chacun puisse vivre dignement dans le respect de toutes les cultures. » Cet engagement est accolé à la réplique de la Dalle du Trocadéro, et au texte écrit par le fondateur d’ATD Quart Monde pour le premier rassemblement du 17 octobre, en 1987, qui allait devenir la Journée mondiale du refus de la misère : « Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violets. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré. »

Les Caravanes européennes de la Fraternité, depuis le 2 juin, sont en route à travers l’Europe jusqu’au 17 octobre 2007, qui marquera le 20e anniversaire de cette Journée.

Après l’Auvergne et avant Lyon, c’est à Marseille que la Caravane 1 s’est déployée du 4 au 8 juillet, au cours d’une étape variée et ventée. Les caravaniers ont vite compris qu’il fallait compter avec le Mistral, vent qui naît dans la Vallée du Rhône et donne toute sa force sur la Provence et les rives de la Méditerranée. Un vent violent, tourbillonnant, qui déchire les tentes, casse les vitres des cadres photos, éparpille les documents posés sur les tables et stoppe les conversations, obligeant tout le monde à lui montrer son dos, pour ne pas avaler des kilos de poussière… A Marseille, l’équipe d’ATD Quart Monde préparait depuis longtemps le passage de la Caravane. Avec les jeunes d’Unis-Cité et d’autres partenaires (Amnesty International, l’ADAP, Art et développement, les centres sociaux), les caravaniers ont pu s’appuyer sur les compétences de chacun pour réussir, tous ensemble, des rencontres de qualité.

Les Caravaniers ont « investi » des lieux publics (le Vieux-Port et les Plages du Prado), et des cités des quartiers Nord (Bellevue et les Rosiers). Sur le Vieux-Port, des centaines de Marseillais et de touristes ont ralenti à la vue de nos installations. Qu’ils soient français, anglais, tchèques, polonais, espagnols, japonais, chinois… tous ont pu poursuivre le dialogue avec tel ou tel caravanier polyglotte. On a ainsi recueilli de nombreux témoignages, comme celui du journaliste de « La Provence » venu nous interviewer : « On entend souvent dire que les jeunes sont fainéants… Ce n’est pas vrai. Ici, on voit des jeunes qui sont dynamiques, responsables. Personnellement, ça me bouscule, ça me donne l’envie d’être davantage militant. »

Plage du Prado, une infirmière nous dit : « Depuis que j’ai compris l’importance de la justice, de la fraternité, je soutiens les plus pauvres qui sont hospitalisés. C’est important d’exprimer sa solidarité. Moi, j’ai beaucoup de respect pour les victimes de la misère, pour tous ceux qui vivent dans la rue… »

Entre deux bains, de nombreux enfants se sont intéressés aux animations proposées, comme les silhouettes Tapori (exprimant ce qu’ils ont dans le cœur), le jeu de l’oie géant… Des parents ont rempli la Déclaration de Solidarité ou/et écrit un témoignage sur le Livre d’or, comme ce papa évoquant le drame des sans-papiers : « L’indifférence, c’est pas humain. Il y a des lois qui ne sont pas humaines. On prend des gens, on les met en cage : ‘Africains’ ; ‘Arabes’… Il faut dix ans pour avoir des papiers… »

A Bellevue et aux Rosiers, pas de touristes, pas de passages, mais des milliers d’habitants victimes de la mauvaise réputation de leurs cités. Marta a écouté deux papas lui raconter la mort de leurs enfants, tués en pleine adolescence. L’un d’eux a écrit : «  C’est chouette de parler de la dignité de tous. Le racisme, ça ne sert à rien. » Elle a constaté le dynamisme des animateurs du Centre social, la joie de peindre des enfants, la fierté de créer des adolescents, comme ces gars et ces filles qui ont peint une partie de la voiture, écrivant en grosses lettres « Vivons tous égaux ». Loïc a reçu des gâteaux arabes de l’épicière de Bellevue, « pour l’échange des cultures. » Le passage de la Caravane favorise l’expression. « La vie sans parole, c’est comme un été sans soleil » a écrit un jeune de Bellevue. Une maman a ajouté : « Avec vous, on retrouve bien l’esprit d’ATD Quart Monde, l’écoute, le respect, le partage… »

Laissons la conclusion de cet article à un habitant de Bellevue, alors qu’il terminait une belle farandole : « TOI, MOI, MAINTENANT, MAINS TENANT ».

Cette semaine, la Caravane 1 sera à Vaulx-en-Velin, Lyon et Bron. Renseignements : 06 12 62 40 51

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Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés.
S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré.

Joseph Wresinski

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