« Joseph l’insoumis », constitue une formidable et courageuse interpellation à tous les gouvernements, toutes les organisations et tous les citoyens

Intervention de Eugen Brand à la journée de cloture de l’Année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale
La Cérémonie de clôture de l’année européenne de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale,s’est déroulée le 30 novembre 2010 à la Cinémathèque française à Paris.
Cette cérémonie a été conclue par la projection en avant-première du film « Joseph l’insoumis » inspiré du combat du Père Joseph Wresinski, fondateur du Mouvement ATD Quart Monde, en présence de la réalisatrice Caroline Glorion et des comédiens, notamment Jacques Weber et Anouk Grinberg.
Eugen Brand s’est exprimé à cette occasion :
"Clôturer l’année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale par la projection du film de France Télévision, « Joseph l’insoumis », constitue une formidable et courageuse interpellation à tous les Gouvernements, à toutes les organisations et à tous les citoyens que nous sommes, à nous mobiliser ensemble pour une stratégie 2020 qui sera celle d’une Europe partenaire des personnes et des familles en situations extrêmes de non droits, de discrimination et d’exclusion ; d’une Europe - enfin partenaire de leur demande première, celle de créer les conditions qui permettent de penser et d’agir ensemble pour un avenir commun.
Avec ce film, « Joseph l’insoumis », la réalisatrice Caroline Glorion nous donne rendez-vous au cœur de l’Histoire européenne. Alors qu’en 1957 se posent les premières bases de la future Union européenne par le Traité du charbon et de l’acier, Joseph Wresinski crée en cette même année dans la boue d’une ancienne décharge, aux portes de Paris, une alliance entre les très pauvres et les autres citoyens,au nom de leur égale dignité. Il était convaincu que, face au mépris qu’une société peut reproduire d’une génération à l’autre, cette alliance au nom de leur humanité commune s’imposait.
Ce film nous donne rendez-vous au cœur de l’actualité européenne et planétaire brûlante, là où les Droits de l’Homme sont violés tous les jours. Là où des personnes, des familles, des communautés entières sont déplacées, forcées à l’exil, chassées et privées de tout. Là où certains s’emmurent dans des mesures de sécurité, au prix d’une totale insécurité pour d’autres. Là où les uns continuent à réfléchir et décider à la place des autres, sous prétexte de les protéger.
Dans la création de ce film des acteurs professionnels et d’autres acteurs qui se battent dans leur vie quotidienne contre l’injustice de la misère et qui se trouvaient pour la première fois devant une caméra, acceptent les incertitudes d’une aventure, qui mène inévitablement à la transformation de tous. Les uns et les autres décident de s’associer dans une création artistique extraordinairement exigeante,où grâce à une grande force de vérité, de sincérité et d’intimité, il n’y a plus deux mondes, un monde de fiction pour les uns, un monde de réalité pour les autres. De son vivant, « Joseph l’insoumis » a exprimé son rêve, qu’un jour l’humanité n’aura plus qu’une Histoire à raconter à ses enfants. Celle où l’égale dignité l’emporte sur l’humiliation et l’assistance. Depuis 1957, cette Histoire n’est pas une utopie, mais notre bien commun !
Elle nous confère une responsabilité commune de nous associer à la lutte de tous ceux et celles qui actuellement se trouvent sous la menace du bulldozer, sans aucune contrepartie d’engagement de la part des autorités, pour innover avec eux des politiques ancrées dans l’indivisibilité des Droits de l’Homme.
Avec une profonde reconnaissance nous disons à France Télévision, au producteur des films de la Croisade, à Caroline Glorion, réalisatrice, à Jacques Weber et Anouk Grinberg et tous les autres artistes :
Votre film est attendu à Port au Prince, à Manille, à Ouagadougou.
Il est attendu dans les grandes métropoles, comme dans les villages les plus oubliés.
Il est attendu par tous ceux qui s’engagent dans le monde de l’art, dans les sphères politiques, économiques ou dans le champ de la spiritualité.
Ce film est attendu par ceux et celles qui au plus profond de leur être portent le projet de l’égale dignité.





