Jean-Marie Deresnes : l’ancien SDF devenu militant

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Un article de Vincent Tripiana paru dans La voix du Nord du 5 avril 2009 (France)

Ancien cuisinier, le Sambrien Jean-Marie Deresnes a connu la rue et la misère. Sept ans de galère, comme il dit. L’association ATD Quart-Monde l’a aidé à s’en sortir. Aujourd’hui, il aide à son tour ceux qui n’ont pas de logement. Grâce au projet « Recto/Verso », il a même fait de son combat une affiche de campagne !

« Je ne suis pas un chien, je vaux mieux qu’un hangar à foin ! »

Elles sont terribles, ces affiches électorales de « Recto-Verso [1] ». Ce projet a réuni pendant un an une vingtaine de Sambriens, autour de cette question : « Et si vous étiez candidat à une élection ? » Jean-Marie Deresnes s’est emparé de la question avec avidité. Il avait les réponses.

Extraits : « Arrêtons de soulager la misère, guérissons-là. Sans logement, je suis condamné à l’éloignement, à l’errance, dans l’indifférence. Au zoo, les animaux sont nourris, dehors les hommes récupèrent les fruits pourris ! Le monde de la rue, c’est le monde du silence, et la plupart des gens s’en balancent ! Pour faire cuire un steak, un chiffon et de l’alcool à brûler au fond d’une boîte de conserve, c’est ma super gazinière hi-tech ! La flotte c’est facile à trouver, tous les cimetières en sont équipés. » Jean-Marie Deresnes a vécu sept ans dans la rue, entre 1984 et le début des années 1990. Sur son affiche, il pose devant les remparts maubeugeois, là où il dormait. À l’époque, il n’y avait pas encore de grilles et les sans domicile fixe pouvaient s’y abriter.

Né à Hautmont il y a cinquante-sept ans, Jean-Marie était cuisinier, avant de connaître la « descente aux enfers ». École hôtelière par correspondance alors qu’il travaillait déjà dans un restaurant, puis le début du métier : au Caribou d’abord, ensuite dans un restaurant à Mairieux, puis encore d’autres établissements.

 Là, les problèmes ont commencé

Ses parents meurent en 1978, « mon divorce a lieu à la même période ». Sa fille déménage avec sa femme, dans le Sud. « C’est là que les problèmes ont commencé. » Sa sœur l’a aidé, ATD Quart-Monde aussi. « Heureusement que j’ai connu des associations comme ça. » Là où il travaillait bénévolement, il trouvait un endroit où dormir.

Aujourd’hui, Jean-Marie touche le RMI et a retrouvé un logement, à Ferrière-la-Grande. Quand il a payé son loyer et ses charges, il lui reste 180 euros pour vivre. C’est peu, mais ça va mieux. Surtout, Jean-Marie a retrouvé sa fierté : « Je suis content de moi. » Content de son affiche, de ses engagements à ATD Quart-Monde et d’autres associations, de l’aide qu’il donne aux sans domicile fixe. Il a même participé à la rédaction de deux livres, est allé témoigner à l’ONU ! « Je montre aux gens qu’il y a du monde dehors, vraiment sans rien. » Il résume tout cela ainsi, sur son affiche : « J’ai donné de mes bras, j’ai fait du bénévolat, j’ai retrouvé confiance en moi.  »

Article paru dans La voix du Nord du 5 avril 2009 (France)

[1] Exposition Recto-Verso, du 15 avril au 15 mai, à la médiathèque de Louvroil

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Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés.
S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré.

Joseph Wresinski

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