Hommage à Philippe Seguin

Un grand serviteur de l’Etat inspiré par le père Joseph Wresinski
Lors de l’inauguration du Centre International Joseph Wresinski, Philippe Seguin a tenu a rendre hommage au père Joseph :
_ " Je ne peux oublier qu’il m’est revenu le douloureux honneur, il y a bientôt dix sept ans, à Notre-Dame de Paris, d’exprimer la reconnaissance de la nation au père Joseph.
Je n’oublie pas ce que j’ai dit alors de cet homme qui avait tout dérangé, tout fait bouger, qui avait montré ses pauvres, ses exclus, à une société qui ne voulait ni les voir ni les entendre.
Je me souviens aussi de cette foule innombrable au Trocadéro pour affirmer à la face du monde que la misère est une violation des droits de l’homme.
Je me souviens aussi de l’impact formidable qu’avait eu son rapport au Conseil économique et social.
Le père Joseph ne s’en est pas tenu, et c’est là toute son originalité, à l’expression d’une compassion. Il a analysé l’engrenage de l’exclusion, du droit. Il a expliqué que le rétablissement de la dignité de chacun passait par la reconstruction progressive et prioritaire de l’autonomie. Bref, il a montré le chemin ! "
Avec la pudeur qui le caractérisait, Philippe Seguin disait ainsi combien il avait lui même été personnellement interpellé et bousculé par le message du Père Joseph, porteur de la voix des plus pauvres. Tout au long de son combat politique Philippe Seguin a su rester fidèle à cette rencontre et à ce qu’il en avait compris.
Dans les années 90, Geneviève de Gaulle, Présidente du Mouvement ATD Quart Monde en France a eu l’occasion de travailler avec lui à plusieurs reprises au cours de l’élaboration de la loi contre les exclusions. En 1997, comme Président de l’Assemblée Nationale, il lui a proposé de s’exprimer devant les députés en séance plénière au nom du Conseil Economique et Social.
Depuis le retour de Philippe Seguin à la Cour des comptes, le Mouvement a veillé à maintenir avec lui des liens suivis.
Sa vie, sa pensée, son engagement sans faille resteront des références pour tous ceux qui veulent servir l’État en exigeant que l’accès de tous aux droits de tous passe par le respect de la dignité des plus pauvres et l’engagement durable du pays pour vaincre la grande pauvreté en menant une politique globale basée sur l’indivisibilité et l’interdépendance des droits de l’homme.






