Extrême pauvreté et gouvernance mondiale

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Cahier de Propositions édité par le Mouvement international ATD Quart Monde et le Forum pour une nouvelle gouvernance mondiale en décembre 2010 avec le soutien de la Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l’Homme.

En septembre 2005, le rapport présenté par M. Kofi Annan devant l’Assemblée Générale des Nations Unies « Dans une liberté plus grande : développement, sécurité et respect des droits de l’homme pour tous », marque une inflexion significative dans le contenu des objectifs proposés aux Nations Unies, 60 ans après leur création.
Pour justifier son projet de réforme des Nations Unies, au lieu de partir de l’objectif historique de paix et de sécurité internationale, l’objectif majeur qu’il propose aux États est désormais « la recherche du développement, de la sécurité et des droits de l’homme pour tous ». Ainsi pour que la communauté internationale soit en mesure de mettre en œuvre la Déclaration universelle [1] il propose de fonder le pacte social mondial sur le triptyque développement, sécurité et droits de l’homme.

Or les hommes et femmes qui vivent dans des conditions d’extrême pauvreté sont ceux qui les premiers sont confrontés en permanence et souvent génération après génération à l’absence de sécurité, au manque de développement et à la violation de leurs droits fondamentaux.
Et ce sont d’abord les plus pauvres, du fait de leur histoire exceptionnelle de lutte pour la défense de leur dignité alors que certains, voire tous leurs droits, sont violés, qui peuvent apporter leurs expériences et leurs savoir-faire dans la lutte pour un monde plus harmonieux, plus solidaire et pacifié.

Ce cahier a donc pour objet de faire des propositions pour que, d’une part l’éradication de l’extrême pauvreté soit placée au cœur des objectifs politiques poursuivis par une gouvernance mondiale rénovée. Et pour que, d’autre part, la participation des plus pauvres de l’humanité à l’élaboration des principes nouveaux qui devraient régir la future gouvernance mondiale, soit reconnue comme une condition

[1] « …l’avènement d’un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l’homme. »

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Là où se prépare l’avenir d’une nation ou d’une communauté internationale, il importe que le Quart Monde soit partie prenante. S’il ne l’est pas aujourd’hui au temps des projets, il ne le sera pas demain au temps des changements.

Joseph Wresinski

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