Exode en Haïti : apprendre des événements passés

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Communiqué de presse du 29 janvier 2009
Fort de son expérience auprès des populations les plus pauvres sur tous les continents, le Mouvement international ATD quart Monde s’inquiète, comme la FAO notamment, de la façon dont se passe le déplacement vers les campagnes des habitants de Port-au-Prince.

« On voit un grand nombre de personnes dans les rues, avec des grandes valises, qui quittent Port-au-Prince. Beaucoup d’autres sont déjà parties. Dans les villes où les gens arrivent, comme Hinche ou St Marc, on entend qu’il y a des problèmes pour manger, se loger. Ailleurs, on ne sait pas. En province, nous pensons à toutes les familles haïtiennes qui cherchent tous les moyens pour accueillir un tel exode. Et à la capitale se vit cette grande incertitude quant à l’avenir. » nous rapporte un volontaire-permanent à Haïti.

L’histoire d’ATD Quart Monde en Haïti a commencé il y a trente ans, dans « le pays en dehors », en province. Notre équipe sur place s’interroge : comment les campagnes pourront-elles accueillir ce surcroît de population ? Elle aimerait pouvoir détacher l’un ou l’autre volontaire pour partager cet exode d’une partie de la population afin d’être attentif à ce que tous ceux et celles qui le souhaitent trouvent le chemin du travail de la terre, ou leur place dans la reconstruction de leur ville. Il faudra un vrai accompagnement dans la durée pour que ceux qui sont partis ne soient pas écartés de la reconstruction qui commence.

Notre expérience lors de catastrophes similaires dans d’autres pays nous prouve que, pour les plus pauvres, le départ est rarement une solution miracle, c’est bien souvent le début d’autres complications. Ainsi, lors des inondations provoquées par l’ouragan Katrina en 2005, ATD Quart Monde était aux côtés de familles très pauvres de La Nouvelle Orléans. Avec elles, notre équipe a été évacuée, ces familles ont été dispersées dans des camps de relogement répartis dans plusieurs états des USA. Quatre ans après, le bilan est très lourd pour les familles très pauvres, en particulier pour leurs enfants et leurs jeunes. La majeure partie n’a pu revenir s’installer à La Nouvelle Orléans car les loyers sont devenus beaucoup trop élevés. Les lieux d’accueil où certaines familles sont toujours hébergées sont dans des zones où l’accès au travail est difficile, voire impossible. Or les aides mobilisées pour les sinistrés ont cessé…

Afin de soutenir les Haïtiens les plus pauvres et permettre qu’ils prennent part à la reconstruction, le délégué général du Mouvement International ATD Quart Monde, Eugen Brand, part pour Haïti, mardi 2 février, avec une équipe de volontaires-permanents et du matériel. Informations plus précises à suivre.

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Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés.
S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré.

Joseph Wresinski

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