Les enjeux sociaux de Copenhague

Article publié dans "Alternative Economique" n°286, décembre 2009
Droit d’habiter la terre et développement durable
- Rio + 20 : lier développement durable et développement humain dans le cadre des droits de l’homme
- Objectifs du Millénaire : à partir de l’expérience des plus pauvres
Après le passage de l’ouragan Katrina à La Nouvelle-Orléans en août 2005, les populations les plus défavorisées qui vivaient dans les endroits les moins protégés n’ont jamais pu revenir dans leur quartier et se trouvent toujours bannies de leur propre ville. Autre exemple, les habitants du quartier de Dona Marta, à côté de Rio de Janeiro, voient actuellement s’ériger devant leurs yeux un mur haut de trois mètres, premier d’une série d’"éco-barrières" qui devront border les favelas pour protéger la forêt contre l’extension urbaine dite "sauvage"…
Alors que nous célébrons le vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin, il est essentiel de s’interroger sur le volet social de la lutte contre les dérèglements écologiques afin d’éviter la construction de nouveaux murs.Pour cela, le Mouvement international ATD Quart monde demande qu’une évaluation globale des Objectifs du millénaire des Nations unies, censés réduire la pauvreté de moitié d’ici à 2015, soit entreprise sans attendre cette échéance, avec la participation des plus pauvres eux-mêmes. Si nous voulons bâtir une nouvelle gouvernance mondiale, légitime et efficace, il faut une instance où aient leur place celles et ceux, au Sud comme au Nord, qui sont les premières victimes des crises que nous traversons.
Parce que les droits humains sont indivisibles et interdépendants, il nous faut bâtir un projet de société où l’économie et le respect de la planète prennent en compte l’égale dignité de chaque peuple et de chaque être humain.
Eugen Brand
Délégué général du Mouvement international ATD-Quart monde
(Photo extraite de tardesgrises.files.worldpress.com)





