Culture et Développement : le rôle de la culture pour un développement durable et la prospérité économique

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22 septembre 2010

Contribution du Mouvement International ATD Quart Monde pour le Comité des ONG du Conseil Exécutif de l’Unesco

Le Mouvement International ATD Quart Monde mène, dans une trentaine de pays, des actions dans le domaine de l’éducation, de la culture et de la participation avec des enfants, jeunes et adultes vivant dans l’extrême pauvreté. Il anime par ailleurs le réseau « Forum permanent de l’extrême pauvreté dans le monde », réseau qui s’adresse à des personnes et des associations agissant avec des personnes démunies dans une centaine de pays.

Il est convaincu que la société civile et notamment les populations en grande pauvreté ont leur part de responsabilités à assumer dans les politiques de développement durable. Pour cela, il faut qu’elles soient associées à l’ensemble des processus de décision.
En effet, les personnes vivant dans la pauvreté doivent être en mesure de participer à toutes les activités qui définissent la vie culturelle et à laquelle ils s’identifient sans discrimination. Cela va au-delà de la culture traditionnelle pour inclure des modes de vie, des traditions, des langues, des religions, …

Joseph Wresinski, fondateur du Mouvement ATD Quart Monde disait : « les personnes vivant dans la pauvreté sont aussi pauvres en liens avec leur propre culture et ainsi souffrent d’une pauvreté culturelle. Le droit de partager une identité commune avec la communauté, dans le pays où ils vivent, leur est refusé. Ils se sentent exclus du droit de partager les expressions culturelles et d’y contribuer. »

Ceci est affirmé par le Comité des Nations Unies des droits économiques, sociaux et culturels, (Observation générale N° 21, §38) : « La pauvreté restreint sensiblement l’aptitude d’une personne ou d’un groupe de personnes à exercer son droit de participer, d’accéder et de contribuer sur un pied d’égalité à toutes les sphères de la vie culturelle et ce qui est plus grave amoindrit fortement ses perspectives d’avenir et ses capacités de jouir dans les faits de sa propre culture(…) et la prise de conscience de leurs droits de l’homme, en particulier du droit de chacun de participer à la vie culturelle, peut grandement contribuer à la responsabilisation des personnes ou groupes vivant dans la pauvreté. »

Partager la culture, l’art, la beauté et la création sont des composantes essentielles pour le développement de chaque personne et de chaque peuple. Parce que l’art a une capacité à transformer les regards, les actions de refus de la misère ont besoin de créations de la part des plus pauvres, des artistes, et d’œuvres communes pour exprimer une même humanité. L’extrême pauvreté n’est pas seulement un sujet économique. Le défi pour tous est d’offrir le meilleur de la culture et des savoirs à ceux qui en sont le plus loin et de répondre à l’interpellation des familles très pauvres sur le droit d’apprendre, de se cultiver, de s’exprimer avec les autres en même temps que d’accéder à une formation et un métier et ainsi acquérir des moyens d’existence.

Dans ce but, le mouvement ATD Quart Monde développe par ses Bibliothèques de rue ou des champs, ses Festivals du savoir, ses Universités populaires Quart Monde, des actions visant à promouvoir l’accès de tous au savoir, à la culture et à l’éducation. Il crée des projets qui permettent de faire l’expérience que tout enfant peut apprendre, que toute personne a un savoir à partager et un potentiel à mettre en œuvre.

Dans ce contexte, en Haïti, dans un quartier extrêmement pauvre, existe un projet pour l’accès au savoir et à la santé « La promotion du savoir et de la santé comme base de développement des zones urbaines défavorisées » où aujourd’hui, environ 300 familles sont engagées, participant à son évaluation régulière et à certaines étapes d’animation.

En conclusion, nous affirmons qu’exercer le droit à la culture permet aux personnes de vivre en dignité, une condition préalable pour sortir de l’extrême pauvreté et demandons qu’elles soient considérées comme des partenaires dans l’élaboration des politiques de développement durable.

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Là où se prépare l’avenir d’une nation ou d’une communauté internationale, il importe que le Quart Monde soit partie prenante. S’il ne l’est pas aujourd’hui au temps des projets, il ne le sera pas demain au temps des changements.

Joseph Wresinski

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