Continuer d’aller vers les plus pauvres qu’on ne connait pas encore.

imprimer envoyer a un ami
Partager, Share, Compartir

Le Mouvement en Haïti accueille les Assises du Volontariat international.

Les Assises du Volontariat International ATD Quart Monde sont une grande rencontre où se pense, se réfléchit le futur du volontariat international ATD Quart Monde. En Haïti s’est vécue une première étape marquée par l’accueil et le dialogue avec le pays. D’autres rencontres auront ainsi lieu dans le monde d’ici la fin de l’été 2009. Découvrez le témoignage de Marco Ugarte Ochoa, volontaire permanent péruvien, actuellement au Mexique. C’est aussi une occasion de mieux comprendre le sens et les défis de l’engagement auprès des plus pauvres.

Du 28 févier au 14 mars ont eu lieu les Assises du Volontariat 2009 en Haïti. Nous étions 20 volontaires permanents, de 30 à 64 ans, de 11 nationalités et actifs dans 8 pays [1].

L’accueil à Port au Prince et la découverte des haïtiens :

Les trois premiers jours, nous avons été accueillis par des familles, des militants, des alliés et l’équipe de volontaires permanents. Ils nous ont aussi introduits auprès d’institutions avec qui le Mouvement collabore. Nous avons été plongés dans la forte culture de ce pays, avec sa confiance, ses sourires, ses mots chaleureux, ses chants et son espoir d’un avenir meilleur. Les haïtiens chantent, rient, dansent, trouvent les moyens de survivre malgré les difficultés quotidiennes.

Dès l’arrivée à Port au Prince on se trouve confronté à la misère. On observe les allées et venues de ceux qui essayent de vendre des bricoles, des fruits ou d’autre nourriture. Le parc automobile est probablement vieux de 40 à 50 ans, les transports en commun se font en « Tap Tap »décorés de mille couleurs comme un cri d’espoir. Les véhicules ne roulent encore que grâce à la sagesse et à l’habileté des mécanos haïtiens. Au début on voit partout un désordre évident. Puis on découvre qu’il y a un ordre. Dans les yeux des hommes et des femmes de tous les âges, surtout des jeunes et des enfants, on voit briller l’enthousiasme et l’espoir quand ils découvrent qu’ils ont aussi un rôle à jouer dans la valorisation de leur culture et dans l’importance de la fraternité pour construire une civilisation sans misère ni exclusion.

Comment la Communauté Internationale peut elle continuer à tourner le dos à ce pays ?
Au début des années 1820, pour libérer le Vénézuela, la Colombie, le Pérou, la Bolivie et l’Équateur, Simon Bolivar a reçu de Sabes Petion, un des héros de la libération de Haïti, un bateau et des financements. Ceci sans autre contrepartie que la promesse d’abolir l’esclavage dans les pays qu’il pourrait rendre indépendant. Comment nous, les latino-américains, pouvons-nous payer notre dette vis à vise de Haïti ?

Les travaux des Assises du Volontariat :

Dans une ambiance de grande fraternité et de totale franchise, les Assises ont commencé autour de la question : « de quel type de volontaires permanents avons nous besoin face à la mondialisation et aux changements du Mouvement ? »
Chacun a exprimé ce qu’il avait tiré des « lettres aux assisiens [2] » et a exprimé ses propres préoccupations. De là ont été définis diffèrent thèmes comme recrutement ; accueil et renouvellement du volontariat ; finances et vie simple ; co-responsabilité entre volontaires permanents, alliés et militants ; inter-culturalité ; compréhension de la conjoncture locale, nationale et internationale ; place et responsabilités des volontaires plus âgés ; comment le père Joseph Wresinski demeure-t-il une référence de notre engagement ?
En petits et en grand groupes, nous avons pu échanger nos expériences de vie personnelle et réaffirmer l’importance de « connaitre pour aimer. »

Chacun a pu réaffirmer son engagement, continuer à développer sa liberté, sa réflexion et sa disponibilité.
Nous sommes les héritiers de 50 années de vie partagée avec les plus pauvres et des personnes qui ont donné tout ou partie de leur vie pour l’idéal de construire une société plus humaine, juste et fraternelle. Avec des avancées et des reculs, des humiliations et des satisfactions, le Mouvement est là et a besoin de notre co-responsabilité.
L’inter-culturalité vécue dans le volontariat est comme un défi et une richesse : être sans cesse dans la culture de l’autre ne cesse d’engendrer des réflexions qui rendent possible l’ouverture vers de nouveaux horizons.
L’état des finances nous préoccupe tous : un équilibre permanent est à trouver entre recettes et dépenses, ce qui suppose de vivre avec un train de vie modeste, avec des différences d’une réalité à l’autre. Nous devons préserver l’éthique qui a toujours guidé nos dépenses, en respectant tous les donateurs.
En ce qui concerne la pertinence du père Joseph Wresinski, nous avons vu comment chacune des familles et des militants rencontrés en Haïti se sent de manière naturelle identifiés avec lui. De même pour les volontaires, l’originalité de son message et sa vision d’avenir continuent d’être un filon à creuser.

Un volontariat qui continue d’aller vers les plus pauvres qu’on ne connait pas encore :

Le sentiment général des participants est qu’aujourd’hui plus que jamais est nécessaire un Mouvement qui continue d’être celui des plus pauvres, avec un Volontariat uni et facteur d’unité , toujours à la recherche des plus exclus que nous ne connaissons pas encore.
Nous sommes responsables de construire de nouvelles alliances et renforcer celles qui existent, pour ne pas nous replier sur nous mêmes, pour connaître et comprendre l’histoire et le contexte des pays et des lieux où nous sommes, en particulier du point de vue de ceux qui sont dans la misère.
Nous avons à chercher les mécanismes pour unir l’ensemble de la société pour qu’elle comprenne et assume sa responsabilité face au fléau de la misère et de l’exclusion.

Mexico, avril, 2009
Marco Aurelio Ugarte

Solidarité avec Haïti, maintenant et dans la durée
Vous pouvez faire un don en ligne par carte bancaire
sur le site sécurisé de notre banque.

[1] Bolivie, Canada, États Unis d’Amérique, France, Guatemala, Haïti, Mexique et Pérou.

[2] Lettres ouvertes envoyés par chaque assisien aux autres assisiens pour préparer les rencontre par un partage de réflexions et questions sur l’état du volontariat.

photo

Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés.
S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré.

Joseph Wresinski

logo facebook