C1 et C2 réunies pour la dernière étape : "Savoie bien merci"

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Rendez-vous le 17 octobre à Paris, place du Trocadéro

Les Caravanes (C1 et C2) étaient parties de Pierrelaye le 2 juin. Après 18 semaines sur deux parcours séparés, une centaine d’étapes et près de 30.000 kilomètres à elles deux, elles se sont retrouvées entre Grenoble et Aix-les-Bains pour une dernière étape de rencontres, d’animation, et pour préparer ensemble le 17 octobre.

Mercredi 27 septembre, Aix Les Bains.- Les deux caravanes se rejoignent au FJT (Foyer de Jeunes Travailleurs) d’Aix-les-Bains. Arrivée en fanfare pour partager un repas, se raconter nos périples et découvrir la Savoie. Une danse improvisée laisse présager une étape pleine de surprises. Comme le match de foot entre la caravane 1 et la caravane 2.

Le samedi nous participons à un atelier Tapori (réalisation de silhouettes) à Chamoux, puis nous rencontrons des jeunes de Saint Pierre d’Albigny qui reviennent d’un chantier solidaire au Niger. Au programme théâtre-forum, film, photos et thé vert dans une ambiance interculturelle. Fil rouge de l’étape de Chambéry, le théâtre-forum se conjugue aux pieds des montagnes de Bourg Saint Maurice, aux lycées de Saint-Ambroise et du Bocage à Chambéry. Moments privilégiés pour engager la discussion sur le sens du projet Caravane.

Palais des Congrès d’Aix-les-Bains (plus grande salle de Savoie).- Nous y sommes accueillis pour une représentation unique du spectacle des résidents de l’Hôtel Social d’Aix. A notre tour, nous accueillons en musique les spectateurs. Les artistes d’un soir sont accompagnés de danseurs et de musiciens et, ensemble, ils nous donnent plusieurs tableaux de la lutte contre l’exclusion, des scènes de vies quotidiennes sur les bancs, de discussions dans les cafés où la chaleur rime avec solidarité, des chants à la mémoire de ceux qui sont partis dans le froid. Vêtus d’habits rouges et oranges, les caravaniers montent sur scène pour évoquer leurs multiples rencontres.

Barby, centre social des Epinettes.- Autour d’un orgue de barbarie, une soixantaine de personnes s’est mise à chanter les succès qui donnent envie de se lier avec son voisin. L’ambiance est l’occasion de faire partager les créations musicales des résidents de l’Hotel Social d’Aix-les-Bains mais aussi pour les jeunes de la Caravane d’improviser « Mélangeons les Couleurs » tandis qu’une valse interprétée par un accordéoniste clôture la soirée.

Point d’orgue de la symphonie caravanière, la Caravane prend position au-dessus de Pontcharra. L’équipe d’accueil a organisé une marche sur le thème « Ensemble contre l’Exclusion » entre Chapareillan et Fort-Barraux. La troupe de marcheurs est accompagnée d’un échassier et d’un bel oiseau qui la précède, la suit ou la couvre de ses ailes (1).

Les Caravaniers installent le camp festif à l’intérieur du Fort. Le cadre est propice à la mise en valeur des initiatives locales : représentation de la pièce « le Dictionnaire de la Vie » jouée par de jeunes adolescents de Barraux, temps fort autour d’une statue intitulée « Prétexte à la rencontre », en l’honneur du groupe « Femmes SDF » de Grenoble qui avait fait le déplacement pour l’occasion.

Les ateliers proposés pour rendre possible la rencontre entre les participants sont prétextes à de nombreuses surprises tels ces deux voisins qui ne se connaissaient pas l’un à côté de l’autre autour d’une même farandole, ce véhicule des Caravanes qui est canard-laqué de toutes les couleurs, ce père et ce fils accoudés ensemble à l’atelier d’écriture, cette danse folklorique qui entraîne toutes les générations réunies pour l’événement. Après cette dernière étape, les Caravanes sont désormais en marche pour le 17 octobre, qui était sur toutes les bouches au moment des au revoir : « On se retrouve le 17 au Trocadéro ».

Texte : Kaé et Mainger - Photos : François

(1) Il y a 20 ans, conduit par Michel Viénot, cet oiseau était allé de Glasgow à Londres. Cette année, c’est Mickaël, fils de Michel, qui était la tête et les jambes de l’oiseau.

Fort-Barraux : écrire sur des œufs, ça vaut plus qu’une cacahuète

Ateliers d’écriture un peu particulier, tout d’abord mobile à l’intérieur des fortifications de Vauban (Fort-Barraux). On fait connaissance, on parle de tout et de rien, puis on décide de l’endroit idéal pour commencer à manipuler, ordonner, déranger, saucissonner, mastiquer, tarabiscoter, triturer, et utiliser les mots. C’est sous l’arbre à miroir qu’on décide de poser les feuilles et stylos. Quand certains vont les chercher à la cime des montagnes ou percher sur un tabouret, d’autres les ramassent sur le plancher des poules, pour une écriture délurée mais pas dénuée de sens. Peu importe l’âge et la maîtrise de l’ortografe, les mêmes mots pour tous et le même plaisir d’être ensemble. Les plus sceptiques sont convaincus, et les lectures sont ponctuées d’applaudissements et de rires chaleureux. Les générations sont mélangées, les mots digérés par tous pour un résultat étonnant. Jugez par vous-même.

Kaé et Mainger

Jeux d’écriture avec les mots :

Miroir, désir, cacahuète, poule, tabouret, œuf, cloche, chapeau, brouillard, éclairage, s’envoler, divaguer.

Dans le brouillard la cacahuète assise sur le tabouret mit son chapeau pour être désirée par la poule qui se regarde dans son miroir, en train de pondre son œuf sans éclairage, ni s’envoler dans une cloche sans divaguer.

Jean-Louis

Quand une cacahuète désire s’envoler d’un tabouret, on lui dit « Arrête de divaguer ma vieille tu es une cacahuète pas une poule ! ». Alors avec un désir de s’envoler en plus attisé, la cacahuète se dit que la poule, malgré ses ailes, ne vole pas plus qu’elle. Même les cloches se sont inventées des ailes pour pouvoir s’envoler. Et puis, d’un seul coup, le brouillard se dissipe, le ciel s’éclaire et l’œuf arrête de divaguer pour pouvoir laisser place à la vraie nature de la cacahuète. Si tu ne la connaît pas encore, regarde toi dans un miroir et prend soin d’enlever ton chapeau !

Claire

Dans mon œuf ça cloche. Pourtant je désire plus que tout avancer. Mais pour l’instant ça rame des cacahuètes. J’essaie de mettre dans mon chapeau des petits cailloux qui vont m’aider à continuer ma route. Je sors doucement du brouillard. J’essaie de ne pas perdre des yeux le petit éclairage qui est en chacun de nous. On divague de-ci, de-là, On avance pas à pas, On gravit des échelles petit à petit, Tout petit, plutôt des tabourets… Mais à la fin c’est sur on va s’envoler.

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Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés.
S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré.

Joseph Wresinski

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