Bois Marchand relève la tête
Article extrait deWeek End SCOPE du 14 octobre 2009
La Journée mondiale du refus de la misère sera marquée ce samedi 17 octobre. Triste célébration dans un monde où la globalisation favorise la disparité des classes sociales. Bois Marchand prend position en vue de sortir de ce marasme, avec une action ferme ce vendredi 16.
Dans le paysage de Bois Marchand, le silence des lieux est pesant. Les gens sont de nature vigilante. La confiance n’est pas le maître mot du quartier. L’hostilité est palpable sur les visages, surtout à la vue d’une nouvelle tête "dan sekter". "C’est un peu difficile pour eux de faire confiance ou accepter les autres facilement, car ils ont reçu beaucoup de coups par le passé", indique Marcel Prevost, artiste et habitant de la résidence Bois Marchand.
Mais derrière ce reflet glacial et clinique sommeille une réelle envie de sortir de la précarité. Une fierté de montrer que les habitants de Bois Marchand ont la volonté et le désir de se départir de cette situation, en aspirant à une vie meilleure. Ensemble pour contrer la misère, ils se mobilisent pour trouver le chemin vers la lumière…
Après Terre-Rouge en allant vers le Nord, une seule entrée, avec un petit panneau d’indication, donne accès à ce quartier. "Ena transpor pa anvi vinn ziska lautre cite, zot per", dit un habitant. L’endroit a été étiqueté et depuis d’aucuns hésitent à s’y aventurer. "Pourtant on ne cultive pas la violence. On fait face à des problèmes que connaissent d’autres régions de l’île. La seule différence : on est dans une situation économique difficile. Mais on veut sortir de ce piège", explique Clivie Ferdinand, membre de Solidarite Zanfan Bois Marchand (SZBM).
Une plaque nous indique l’entrée de la "résidence" Bois Marchand. Ce nouveau titre de "résidence" pour effacer celui de "cité", n’est pour eux qu’un leurre, un trompe-l’œil pour "revaloriser l’endroit". Ce changement d’appellation semble ne résoudre en rien les problèmes de fond et c’est cela que les habitants de Bois Marchand regrettent. "On aurait aimé que l’Etat aide à la construction de nos maisons en tôle, plutôt que de changer d’appellation. On est au final qu’une résidence en tôle et de maisons kraz krazé", soutient une habitante aigrie.
Entre les maisons en tôle et en dur, qui donnent sur l’autoroute, et les autres qui longent la rivière, où des femmes vont faire la lessive, "parski pena dilo lakaz", Bois Marchand cherche toujours à se mettre en phase avec le développement ; mais cela n’est guère évident. "Surtout quand on ne peut compter que sur soi-même. Mais avec le soutien des diverses ONG, Gaza, Noubaz, Caritas, Mouvement ATD Quart Monde Amnesty International… on a de l’espoir", estime Marcel Prevost.
"Ris pe vinn plis riss, pov pe vinn pli pov, nanien pa pe sanze eski to pa remarke", chante OSB Crew sur l’opus Noukkila. Après plus de huit ans, elle commente encore cette cruelle vérité de notre île. A Bois Marchand ce constat nous éclate à la figure comme le soleil d’été. Il y a ici toute une histoire, un combat contre ce fléau. Mais le destin a toujours joué les trouble-fêtes dans ce cheminement. "Alors qu’on vivait dans une situation précaire, l’Etat n’a rien trouvé de mieux que de reloger des squatters, encore plus pauvres que nous, aggravant encore plus notre quotidien", dit un habitant.
Aujourd’hui, d’autres fléaux ont envahi les lieux. "L’alcoolisme, la drogue, la sexualité précoce… sont les autres problèmes auxquels on doit faire face aujourd’hui, et tout cela résulte de la pauvreté", souligne Marcel Prevost. En dépit d’une telle situation, il demeure encore cette volonté d’aller de l’avant. "On veut prouver aux autres qu’on peut, nous aussi, réussir. Les gens nous jugent juste parce qu’on habite Bois Marchand, on refuse de nous employer à cause de cela. Ce n’est pas juste… mais on ne va pas baisser les bras, on va s’en sortir", laisse entendre Virgilia Paris de SZBM.
Mais derrière ce reflet glacial et clinique sommeille une réelle envie de sortir de la précarité. Une fierté de montrer que les habitants de Bois Marchand ont la volonté et le désir de se départir de cette situation, en aspirant à une vie meilleure. Ensemble pour contrer la misère, ils se mobilisent pour trouver le chemin vers la lumière…
Après Terre-Rouge en allant vers le Nord, une seule entrée, avec un petit panneau d’indication, donne accès à ce quartier. "Ena transpor pa anvi vinn ziska lautre cite, zot per", dit un habitant. L’endroit a été étiqueté et depuis d’aucuns hésitent à s’y aventurer. "Pourtant on ne cultive pas la violence. On fait face à des problèmes que connaissent d’autres régions de l’île. La seule différence : on est dans une situation économique difficile. Mais on veut sortir de ce piège", explique Clivie Ferdinand, membre de Solidarite Zanfan Bois Marchand (SZBM).
Une plaque nous indique l’entrée de la "résidence" Bois Marchand. Ce nouveau titre de "résidence" pour effacer celui de "cité", n’est pour eux qu’un leurre, un trompe-l’œil pour "revaloriser l’endroit". Ce changement d’appellation semble ne résoudre en rien les problèmes de fond et c’est cela que les habitants de Bois Marchand regrettent. "On aurait aimé que l’Etat aide à la construction de nos maisons en tôle, plutôt que de changer d’appellation. On est au final qu’une résidence en tôle et de maisons kraz krazé", soutient une habitante aigrie.
Entre les maisons en tôle et en dur, qui donnent sur l’autoroute, et les autres qui longent la rivière, où des femmes vont faire la lessive, "parski pena dilo lakaz", Bois Marchand cherche toujours à se mettre en phase avec le développement ; mais cela n’est guère évident. "Surtout quand on ne peut compter que sur soi-même. Mais avec le soutien des diverses ONG, Gaza, Noubaz, Caritas, Mouvement ATD Quart Monde Amnesty International… on a de l’espoir", estime Marcel Prevost.
"Ris pe vinn plis riss, pov pe vinn pli pov, nanien pa pe sanze eski to pa remarke", chante OSB Crew sur l’opus Noukkila. Après plus de huit ans, elle commente encore cette cruelle vérité de notre île. A Bois Marchand ce constat nous éclate à la figure comme le soleil d’été. Il y a ici toute une histoire, un combat contre ce fléau. Mais le destin a toujours joué les trouble-fêtes dans ce cheminement. "Alors qu’on vivait dans une situation précaire, l’Etat n’a rien trouvé de mieux que de reloger des squatters, encore plus pauvres que nous, aggravant encore plus notre quotidien", dit un habitant.
Aujourd’hui, d’autres fléaux ont envahi les lieux. "L’alcoolisme, la drogue, la sexualité précoce… sont les autres problèmes auxquels on doit faire face aujourd’hui, et tout cela résulte de la pauvreté", souligne Marcel Prevost. En dépit d’une telle situation, il demeure encore cette volonté d’aller de l’avant. "On veut prouver aux autres qu’on peut, nous aussi, réussir. Les gens nous jugent juste parce qu’on habite Bois Marchand, on refuse de nous employer à cause de cela. Ce n’est pas juste… mais on ne va pas baisser les bras, on va s’en sortir", laisse entendre Virgilia Paris de SZBM.





